Billet n°32 : Atoll de Fakarava

Billet n°32 : Atoll de Fakarava
Valérie
 
Fakarava est un lagon de forme rectangulaire, de 30 milles de longueur par 10 milles de largeur, orienté nord-ouest sud –est, c’est le second atoll des Tuamotu par sa taille après celui de Rangiroa .Ils possèdent deux passes, une au nord, la passe Garue et une au sud, la passe Tumakohua. Nous arriverons par la passe nord, toujours praticable sauf par vent de nord et courant sortant pouvant atteindre 9 nœuds.

Nous arrivons à la passe nord de Fakarava en avance sur l’heure de l’étale de la marée, 3 heures avant en fait, et par vent de nord ! Bref les conditions ne sont pas vraiment remplies pour la franchir. La passe est large, c’est la plus large de toutes les passes des Tuamotu. Yann se demande si on ne pourrait pas tenter d’y aller quand même (les bretons sont têtus), après divers blablas, on tente. On ferme tout, hublots … Tout le monde est harnaché, et détail important, une quiche cuit dans le four pour le midi.

Nous nous présentons dans les alignements et on y va .Les deux moteurs en route au maximum… nous reculons… à la vitesse de un noeuds et en plus on est secoué, résultat nous rebroussons chemin. Les enfants me signalent que la fameuse quiche a littéralement crépi le four, bon, ce sera nouilles chinoises toutes prêtes pour midi.
Nous décidons finalement de se mettre en dérive et de petit déjeuner, à l’entrée de la passe, après avoir raté deux fois de suite la prise d’un corps morts pour s’amarrer ( il y a des jours ou il vaut mieux s’abstenir !)

9h45 : On retente, cette fois on passe sur les cotés et petit à petit, on y arrive …au bout d’une heure , on est dans le lagon, direction Rotoava , le village ou nous mouillons à 13h35.
Le mouillage est agité, mais beaucoup moins qu’à Makemo.J’arrive à attraper du wifi et commence à télécharger les cours de CNED de Rozenn, avec le débit faible et le site du CNED qui plante de temps en temps, je vais mettre 3 jours. Les cours CNED papier partent de France pour arriver dans 10 jours, à la poste de Rotoava.

Sur le quai, un voilier est posé, il appartenait à des Hollandais, ils ont été jetés sur les patates de corail, il y a un mois, après que leur mouillage mixte( chaine plus textile) ait été cisaillé par ces dernières, pendant qu’ils dinaient sur le bateau voisin. Au retour du diner, plus de voilier, coulé !… fin du rêve, retour au pays après avoir été hébergés par les villageois. Un polynésien a racheté le bateau, un franc symbolique, et le retape.
Ça nous rappelle une chose, toujours être vigilant, ne rien laisser « à peu prés », la suite du rêve tient parfois à peu de choses.

On ravitaille un peu aussi à l’épicerie, ici pas besoin de liste, on prend ce qu’on trouve et surtout on vise l’arrivée du bateau ravitailleur, le Cobia qui vient une fois par semaine. Nous faisons aussi le plein de sous du pacifique grâce à un Distributeur Automatique de Billet (DAB).
Une fois toutes ces corvées et obligations faites, on peut envisager de partir sur la passe sud, célèbre pour la plongée sous marine. On y va tranquille en faisant 2 heures de navigation puis 2 jours de mouillage, bref une vitesse d’escargot mais le paysage est superbe et on flâne. La navigation se fait essentiellement à vue, avec le soleil dans le dos pour repérer les patates de corail, et on slalome à travers les fermes perlières. Après presque 4 semaines de navigation, cela fait du bien de profiter enfin des lagons tant attendus.
Arrivés à Tetamanu, la passe sud, le coin est superbe et sauvage, à peine jetons nous l’ancre, que des dizaines de poissons, suivis d’une dizaine de requins pointes noires tournent autour du bateau. Nous prendraient ils pour leur casse croute ? Nous repérons aussi un poisson Napoléon d’un mètre cinquante, ça promet pour la plongée. Yann plonge pour vérifier l’ancre, mais  en surveillant les requins de l’œil, tout se passe bien. (Il est courageux quand même mon homme !)En fait, on peut nager mais on surveille toujours et il ne faut pas être blessé (le sang excite ces bestioles !).
Le soir, par contre, les prédateurs sortent, les enfants remarquent des requins gris de 2m et des barracudas de la même taille autour du bateau, dans le faisceau des lampes torches.
Le fond est truffé de patates de corail, on s’arrange pour positionner l’ancre et la chaine correctement, en visant un bout de sable blanc, mais c’est toujours un peu la loterie quand on la relève. Et comme le vent tourne régulièrement, on plonge tous les jours pour vérifier si la chaine ne s’est pas entortillée autour d’une patate de corail. Ce qu’elle fait de temps en temps d’ailleurs. Mais il vaut mieux surveiller plutôt que de se retrouver coincé au moment de relever l’ancre.
 
Le lendemain, nous plongeons du bord en palmes masques tuba, le spectacle est permanent. Poisson perroquet, chirurgien, requins, poissons trompettes, bénitiers …
Tout y est. Nous décidons de sortir les bouteilles de plongée, et nous faisons plonger les enfants avec nous, c’est l’aquarium géant.
Bref, à Fakarava, l’occupation principale, c’est blublublubluppp sous l’eau. On teste même un nouveau truc, tout le monde s’attache à l’annexe, on s’équipe en PMT (Palmes, masque et Tuba), et on va dans la passe au moment du courant rentrant. Au moment opportun, tout le monde se mets à l’eau, et on se laisse dériver avec l’annexe comme sécurité. Là, le spectacle de champs de coraux défilant  sous nos yeux, à une vitesse folle, la multitude de poissons et de requins qui rentrent avec le courant, est fantastique. Imaginé une forêt de corail, avec toutes les variétés : des coraux cerveaux, cerveaux bosselés en passant par les bois de cerfs, les acropodes mais aussi les Oculines et les coraux à feuilles. Vous rajoutez les couleurs qui vont du vert au bleu en passant par le violet et le jaune. Et pour finir, et non des moindres vous rajoutez toute la richesse de la faune avec des poissons de toutes les couleurs et de toutes les formes, aussi invraisemblable qu’elles paraissent. Malheureusement la vitesse de la dérive ne nous a pas permis de prendre des photos et de vous en faire bénéficier.

Mais à Tetamanu, il y a aussi une pension qui reçoit des touristes dans des bungalows charmants, tenus par Tila et Manihi. Leur faré sur pilotis est directement sur le récif, les requins viennent aux pieds du faré. Nous mangeons un midi, du poisson cru à la tahitienne, et au citron ; un délice. Deux jours plus tard, le soir, nous testons les pizzas de Tila au feu de bois, miam.

Nous visitons aussi le village de Tetamanu, et chance il y a une répétition de danses tahitiennes, pour le yacht à moteur « A » qui est au mouillage avec nous. Tout de suite, cela nous mets dans l’ambiance, leur musique est vraiment envoutante !
Petite aparté pour le yacht à moteur « A », ce yacht a été dessiné par le designer Philippe Starck, il appartient à un banquier russe. On observe la bête aux jumelles, à l’AIS, on voit qu’il fait 118M de long, il a deux soutes qui s’ouvrent à l’arrière. Au village, nous voyons son annexe, ça vaut le détour, elle est équipée d’une roue à l’avant, et de deux roues à l’arrière, commandées électriquement, et qui peuvent se baisser quand l’annexe arrive prés du rivage. Un vrai truc de James Bond ! Lucas voudrait la même, ben voyons !

Au moment des repas, à bord, il y a un jeu, on jette le reste de nourriture à « Pupuce » à l’arrière du bateau, (Pupuce pour ceux qui ont vu « L’Age de glace 4 », c’est la baleine de la mamie de Cid), ben on a jamais vu de baleine encore, par contre les requins, ils sont là et les rémoras aussi. C’est à celui qui arrive le premier pour manger, en général les rémoras remportent la palme.

Cela donne des idées à Yann et Rozenn qui décident de mettre une ligne à l’eau, hou là, après 3 bas de lignes mangées, carrément, on arrête. En  fait, on pèche des poupées russes, un petit poisson mord, puis un plus gros le boulotte et le requin arrive et mets tout le monde d’accord…et arrache notre ligne.
Rozenn qui est « un peu têtue » continue en changeant de technique, elle appâte avec du pain et guette avec son épuisette. Et ben, à peine 30 secondes après, elle sort un poisson perroquet d’un bon kilo. Elle ira loin cette fille !

Le lendemain, au lever, je remarque un nouveau catamaran en alu, jaune, derrière nous au mouillage, c’est Antoine et son bateau Banana Split.

Mais nous décidons de remonter sur Rotoava, car la poste a reçu les 2 colis de CNED de 34 kilos. L’école approche, les enfants ont hâte bien sur !

A Rotoava, nous profitons de la dernière semaine de vacances scolaires, pour louer des vélos et se balader dans le village. Des vélos hollandais …sans frein, pour freiner, on pédale à l’envers, il y a un coup à prendre que certain prenne plus vite que d’autres !
On visite un magasin d’artisanat de perles de culture, nous apprenons les différentes sortes de perles, comment elles sont cultivées …et on se fait plaisir, la CB fume un peu.
Au village, tout le monde nous dit bonjour « Iorana »en tahitien, c’est agréable et nous discutons facilement avec eux, nous commençons par être connu comme la famille en voyage en bateau. Le midi, nous mangeons à un resto de bord de plage, du poisson cru, on ne s’en lasse pas.  Nous faisons la connaissance d’Antoine qui a eu la même idée que nous. Lui et sa femme, nous questionnent sur le CNED à bord et nous donnent quelques tuyaux, ils sont forts sympathiques.

Nous retrouvons aussi au mouillage un voilier rencontré à Panama, 4 jeunes : 2 ingénieurs et 2 médecins qui sont partis en voyage … Comme nous, ils nous disent qu’ils ont décidé de réaliser ce projet avant de rentrer dans le moule comme tout le monde, et d’éviter de prendre des rails qui s’avèreront peut être ne pas être les bons.
Discussion et échange toujours intéressants dans ces cas là.

De Fakarava, nous retenons la gentillesse des Paumotus, c’est un peuple très accueillant et chaleureux, ils sont plus posés, plus calmes que nous les européens, ils prennent la vie comme elle vient, avec calme, sérénité et ont toujours le sourire. Ils ne se prennent pas la tête, pour eux, les choses sont simples, ils sont directs et francs.
C’est toujours agréable de discuter avec eux. Malgré ce calme, ils restent efficaces et débrouillards, ils vivent, tout de même au bout du monde, les Tuamotu, c’est pas d’eau douce, sur des atolls de corail ou rien ne pousse, sauf à y amener de la terre et de l’eau. Ils vivent aussi en zone cyclonique, il faut un certain état d’esprit pour l’accepter. Et malgré ces conditions de bout du monde, ils sont bien organisés, les îles sont desservies , soit par bateau, soit par avion, et ils font face à l’essentiel avec bonne humeur.

L’aventure Fakarava touche à sa fin, maintenant direction l’atoll d’Apataki ou nous devons sortir le bateau pour le carénage et entamer la rentrée scolaire des enfants.
Juste une nuit de navigation et nous arrivons à la passe sud d’Apataki, la passe Pakaka, ensuite on remonte vers le chantier en à peu prés 3 heures …de moteur car on a le vent de face. On surveille souvent la jauge de gazole car nous sommes presque à sec, nous devons faire le plein d’un bidon de 200 litres au chantier, il nous attends mais pour l’instant ne surtout pas tomber en panne.

Toutes les photos ici

Dernière modification le Samedi, 21 Septembre 2013 11:45

4 Commentaires

  • Amélie MAHE
    Amélie MAHE Jeudi, 21 Novembre 2013 20:58

    Merci de ns faire partager votre aventure ,c'est MAGNIFIQUE !!!!
    Prenez soins de vous ...
    amicalement

    Amélie

    Lien vers le commentaire
  • Stéphane et Antoinette
    Stéphane et Antoinette Lundi, 30 Septembre 2013 22:13

    Bonjour Valérie, Yann, Katell, Rozenn et Lucas,
    Antoinette et moi étions également à Fakarava entre le 15 et le 18/09. Nous étions à 200m de la pension en face de laquelle était le bateau de Antoine donc sûrement pas loin de vous non plus. Comme vous nous avons apprécié les fonds marin, la passe sud à Tetamanu village, les Napoléon, les requins pointes noires et le magnifique "tombant" couvert de splendides coraux avec une faune incroyable. Et en prime le surprenant yatch "A" que l'on a l'habitude de voir dans la passe d'Opunohu à Moorea ou dans le port de Papeete.
    Puisqu'on s'est manqué à Fakarava nous serions heureux de vous rencontrer à Tahiti ou mieux à Moorea où nous sommes à présent installés.
    Nous vous invitons à séjourner à la maison si vous le souhaitez. Deux chambres et une salle de bain rien que pour vous.
    Faites nous signe lorsque vous serez sur zone.
    Bonne reprise scolaire aux élèves et à leurs professeurs.
    Nos coordonnées:

    Stéphane Decaen et Antoinette Palvair
    Résidence Bel air
    Temae
    98728 MOOREA
    Fixe: (0689)+564851
    Mobile Stéphane: 223723
    Mobile Antoinette: 247155

    A bientôt

    Lien vers le commentaire
  • Antoinette et Stéphane
    Antoinette et Stéphane Lundi, 30 Septembre 2013 20:20

    Bonjour Valérie, Yann, Katell, Rozenn et Lucas.
    Nous étions à Fakarava il y a une dizaine de jours alors c'est avec plaisir que nous retrouvons ces paysages et ces fonds marins à travers vos photos. Ne parlons même pas du "tombant" à Tetamanu village, qui même en snorkeling, est d'une beauté...
    Vous reverez probablement le fabuleux yatch "A" (dont le A serait la première lettre du prénom de l'épouse de l'heureux propriétaire. Quelle classe!)amarré au port de Papeete au côté d'un ancien "pousseur" racheté par un australien qui, lui aussi, a de la gueule.
    En ce qui nous concerne, nous sommes à présent bien installés sur Moorea et heureux que le hazard des mutations nous ait déposé sur cette belle ile.
    Nous serions heureux de vous y retrouver pour passer un moment ensemble. Nous pouvons également vous accueillir à la maison, nous avons deux chambres de libres et une salle de bain.
    Nous vous laissons nos coordonnées:

    Stéphane Decaen et Antoinette Palvair
    Résidence Bel air (lot 12)
    Temae
    98728 MOOREA
    Fixe: (0689)564851
    Mobile stéphane:223723
    Mobile antoinette: 247155

    Bonne rentrée scolaire aux enfants et à leurs profs.
    A bientôt.

    Lien vers le commentaire
  • Catherine et Hervé
    Catherine et Hervé Mardi, 24 Septembre 2013 18:47

    On vous embrasse !!!!! merci de continuer à nous faire rêver !!!!
    Catherine et Hervé

    Lien vers le commentaire

Laissez un commentaire