Billet n°23 : TRAVERSEE RODNEY BAY – SAINT LUCIA A LOS ROQUES – VENEZUELA

Billet n°23 : TRAVERSEE RODNEY BAY – SAINT LUCIA A LOS ROQUES – VENEZUELA

Yann

Nous décidons de partir à la nuit tombante, après avoir fait le plein de fuel et d’électricité (il reste des problèmes non résolus de paramétrage du bus Ethernet du bord). Nous avons 357 Mn à faire et nous désirons arriver le matin sur Los Roques.

En effet ces îles ne sont pas cartographiées en détail et il y a un décalage entre le GPS et la situation supposée des îles. Sur le cartouche de la carte IMRAY que j’ai acheté, il est écrit que la cartographie date du XIX siècle et que depuis des corrections ont été apporté, mais pas de refonte. De plus il faut naviguer à vue, en évitant quantité de bancs de sable et de coraux. Mais ce sera une autre histoire.

Donc, nous larguons les amarres à 18h, et à 19h, sous voiles hautes et vent arrière nous préparons le repas. Le vent restera variable à cause du relief de Saint Lucia. L’île est une des plus hautes des petites Antilles.

La nuit sera une alternance de petits airs aidés du moteur, ou de vent suffisamment fort pour nous propulser par les seules voiles. Mais aussi de changement d’amure, un coup les voiles en ciseaux un coup du même côté. Enfin vers 3h15, le vent devient régulier en force et en direction. Et c’est en ciseaux que nous marchons le mieux. Ce sera une navigation idéale par la suite. Force 4 à 5, une houle faible de 1,5 m. Au matin nous posons le tangon qui nous fait gagner 1nd.

La surprise, parce qu’il y en a toujours une, ce sera une touche. La canne est à l’eau, le cliquetis retentit, comme d’habitude, je mets le frein, j’enlève la sécurité qui empêche la canne de passer à l’eau. Je ramène la canne sur la plage arrière. Je m’installe et commence à mouliner. Au début c’est dur, puis mou, puis re-dur et puis plus rien. Mince, j’ai du perdre un leurre ! Rendu à une dizaine de mètre, là c’est la surprise, un monstre suit le leurre que je remonte. Quand je dis un monstre c’est un poisson énorme, plus grand que moi, plus trapu qu’un dauphin. Il est noir, une queue bleue et du jaune sur l’aileron. J’appelle Lucas, il n’aura que le temps de l’apercevoir. Mon leurre ne l’amuse pas, il s’en va. J’étais bien content qu’il ne prenne pas mon leurre au sérieux, je l’aurai vraiment perdu. Mais quelle bête, de quoi s’agissait-il ? Il m’a fait penser à un thon, mais je ne le saurai jamais.

Nous attraperons la dorade Coryphène de 16h30, 62 cm pour ce coup-ci. Elle fera le repas du soir en tahitienne.

Avant le coucher du soleil un gazier de 146 mètres passe par notre arrière. Et c’est une magnifique nuit étoilée qui s’étend. Jamais je ne me lasse de ce paysage infini, de ce sentiment de faire parti de l’univers, je vais en faire un billet spécial je crois …

Le lendemain nous voit sortir le spi par force 3 à 4. Un peu, non beaucoup d’émotion. Nous n’avions plus ressorti de voile fragile et délicate depuis la perte de notre code « 0 ». La manoeuvre se passe très bien. Il faut dire qu’une bonne préparation et puis le désir de s’améliorer y sont pour quelque chose.

En fin d’après midi, nous croisons un gros ferry de 180 m, de près : moins d’un demi mille, j’ai même pousser un moteur pour être sur de passer devant. Je pars du principe (comme en moto) que nous sommes invisible à leur yeux. Nous entamons la dernière nuit avant l’arrivée clandestine au Los Roques.

A 6h, la lueur du jour pointe, vers 7h on nous apostrophe à la VHF. J’ai mis du temps à comprendre que c’était à moi qu’on s’adressait. C’est parce qu’il donnait ma position que j’ai fini par réagir, encore heureux qu’il parlait en anglais, certes avec un fort accent. Je suppose que c’est un poste d’Orchila qui nous appelle, il s’agit de l’ile du Président Hugo Chavez. Je décline le nom du bateau, l’équipage, l’âge du capitaine et tout le tintouin. Je prends le risque de dire que nous allons à Bonaire et non à Los Roques n’ayant pas fait les formalités d’entrée. Et dire que nous voulions être discret cela commence mal. C’est quand la communication est finie que je remarque le navire de guerre, c’est lui certainement qui m’a remercié de ma coopération … Glups !

A 9h, Katell distingue le point culminant de l’île. Il ne fait que 100 m de haut et ne concerne qu’un îlot sur la multitude. Ce qui fait que nous ne voyons l’île qu’à 5 Mn. Nous approchons et entrons par la passe Sud « Sébastopol » Les premier mouillage envisagé est juste à l’abri des vagues, mais pas du vent. En fait une simple barrière de corail casse la houle et les vagues. Les couleurs sont sublimes … Est-on sur terre ou sur mer ? Jamais je n’avais vu, nous n’avons vu autant de dégradé du bleu de la mer et du blanc du sable. Cela donne des verts, des émeraudes profonds, des turquoises lumineux, des bleus ciel, des bleus marins, tous d’une grande limpidité. Nous apprenons aussi à négocier les bancs de sables et de coraux. Nous remontons ainsi le premier lagon intérieur du Sud au Nord pour jeter l’ancre dans un mouillage à l’abri partiel du vent et de Gran Roque au séjourne la police … que nous évitons. Il s’agit de Purqui, et là il faut lire la suite.

Dernière modification le Mardi, 13 Août 2013 18:10
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1 Commentaire

  • Monange Thomas
    Monange Thomas Mardi, 05 Mars 2013 19:01

    Un petit coucou a la Famille bretèche, de la part d'un petit mousquetaires qui adore la mer et les iles, le petite Thomas (Netto de Domloup),
    En tout cas merci de nous faire vivre votre superbe voyage, avec de magnifique photos et des "Billets" très sympathiques, profitez en pour nous tous et continuer c'est trop top :-)
    Bon vent
    Bonne navigation
    Et de belles rencontres :-)
    Thomas

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