Billet n° 5 Traversée de Port Joinville à Port Médoc

Du 15 au 18 juillet 2012.

Petite escale à l’Ile d’Yeu.

Valérie

Après une traversée de Pornichet à Port Joinville , navigation tranquille marquée tout de même par 2 anecdotes :la première , le filet à fruits et légumes s’effondrent dans le cockpit , tout le monde tente tant bien que mal de ramasser toutes les tomates , concombres , citrons , oranges..…Sans les abimer plus, la seconde anecdote : on a péché...l’éolienne, en effet le fil de la canne à pêche s’est enroulé autour de l’éolienne. Du coup, séance d’une heure de démêlage à l’arrivée. L’entrée dans le petit port de plaisance de Port Joinville n’est pas large, d’ailleurs quand on y croise un ferry qui relie l’ile au continent, on sert les fesses.

Le soir, nous avons le temps de faire un rapide tour du port pour repérer les lieux, tous les cafés ont le wifi gratuit, le capitaine est donc obligé de boire une bière, ben on le suit, solidarité oblige. Nous décidons de rester 2 à 3 jours à l’ile d’Yeu, pour se poser un peu, finir encore du bricolage bateau (révision des 2 moteurs et du groupe électrogène).

Le lendemain, nous décidons de faire une balade à vélo, qui nous prendra bien 5 heures, l’ile d’Yeu est pleine de charme, les maisons sont typiques, elles sont souvent blanches avec des volets bleus lavande et des toits de tuiles .Nous finissons notre tour de vélo par le vieux château, qui a été un repaire de pirates au XI siècle. En conclusion, l’ile d’Yeu est une escale à faire, elle mérite le détour et Port Joinville est bien protégé et idéal comme base pour visiter l’ile.

 

Mercredi 18 juillet 2012.

Traversée de Port Joinville à Port Médoc

Yann

Première navigation nocturne pour les enfants et ma femme. Il est 21 heures, nous avons remonté l’ancre de notre mouillage de l’anse Ker Chalon, directement à côté du port de Joinville – Ile d’Yeu à 17h 30. Après avoir contourné l’île par l’Est nous descendons directement vers Port Médoc ou notre arrivée est prévue en fin de matinée ou début d’après-midi.

Nous nous sommes tous régalés devant une quiche aux épinards faite par la capitaine ainsi que les 1ers yaourts maison. Les enfants n’avaient pas le mal de mer, seule Valérie était barbouillée.

Mon grand garçon Lucas m’a aidé à mettre le tangon, une 1ère pour lui, il a juste eu un peu peur de ce grand tube en aluminium. Mais cela s’est bien passé dans un calme nécessaire à l’apprentissage. Je suis fier de lui ; il sait déjà prendre la barre m’aider à hisser la grand-voile et à l’affaler. Seule la position sur les marches du mât lui fait peur. Il sait aussi tenir un cap, brancher et débrancher le pilote automatique ainsi que l’ajuster, d’ailleurs nous lui avons trouvé un nom qui a fait l’unanimité : ce sera Haddock.

Alors que les enfants devraient dormir, le rythme du bateau les dérange… normal : il faut du temps pour s’habituer à dormir en naviguant. Cependant le temps est très favorable : vent de Nord-Ouest qui nous fait une allure de grand largue, voir vent arrière et avec une force modérée de 15 à 18 nœuds. Appaloosa file tranquillement à 6,1 nœuds (sur le fond). Le temps s’est couvert, et avec lui la pénombre arrive.

De mon côté je me prépare à faire 2 longs quarts de maintenant à 1 heure et de 5 heure au réveil de Valérie et Lucas. (Quart : période de veille qui consiste à surveiller la route et à parer les dangers éventuels qui surgiraient : navires, changement de vent, etc.) Le temps du quart résonne à mes souvenirs : ce rythme des quarts je l’ai bien connu il y a seulement 3 mois, plein de souvenirs refont surface. Des souvenirs de bonheur passé tant avec la première bordée : Jean François, Gérard, Jean Michel qu’avec la 2ème bordée : Jean Michel encore puis Jean Alain qui lui succéda aux Açores et Bruno et Cédric. Une certaine confiance me revient, et j’en ai bien besoin car maintenant je suis responsable de ma famille qui n’a pas les compétences de mes camarades de bordée. C’est vraiment un grand atout que de connaitre déjà le bateau avec ses bruits, son caractère … ce qui fait que je devrai pouvoir dormir plus sereinement.

La nuit s’avance doucement, bientôt la nuit nous prendra. Une autre ambiance va s’étendre. Une de celle ou vous vous dites que vous êtes seul sur l’océan, que vous le chevaucher.

Il est maintenant 23h. La nuit est bien là, par le travers brillent Les Sables d’Olonne, cela éclaire même le ciel de façon irréelle. Trois navires de pêche rodent autour de nous. Lucas dort à point fermé dans le cockpit, Valérie se réveille de temps en temps, étonnée du calme de ses habitants. Katell ne trouvent pas le sommeil, elle séjourne dans le sofa du carré.

Minuit, Valérie se réveille en avance pour son quart, de plus il faut remballer le tangon, le vent est passé progressivement de travers. Je mets le feu de pont, et sous sa surveillance je le remballe avec un peu de peine. Ensuite je m’installe dans la banquette du cockpit, ce coup ci j’ai envoyé Katell qui s’endort dans son lit car la place est prise par Rozenn qui ne dort pas. Je somnole puis m’endors dans le carré.

Valérie me réveillera vers 4 h 30 parce que le vent ayant fraîchi dès le début de son quart (augmenté en jargon marin). Nous arrivons plus tôt que prévu à l’embouchure de la Gironde. Ne connaissant pas ce lieu (et tous ceux à venir) nous remballons le Génois. La vitesse passe de 8 / 9 nœuds à 6 nœuds encore. Mais le jour pointe vers 6 heures, je décide d’entrer ainsi dans la passe Nord de la Gironde. En fait contrairement à nos idées et par manque d’étude des distances .Il s’agit d’un véritable boulevard comme la Loire, très bien balisé. La mauvaise nouvelle c’est qu’il ne suffit pas d’un virage à droite puis un à gauche pour arriver à port Médoc. De 6h30 première bouée de chenal, nous seront amarrés à 10h40 seulement, et c’est de la pluie sous forme de crachin breton qui nous accompagne et rend le paysage monotone.

Bilan première navigation nocturne satisfaisante : bonne météo, chacun commence à prendre ses marques. Nous n’avons pas eu d’étoiles mais le plaisir de sentir Appaloosa au trot puis au galop.