LES CANARIES: Billets 19 à 20

Valérie

Même si nous n’avons pas vu beaucoup d’île, seulement 4, elles s’avèrent très différentes les unes des autres. Il est dit dans certains guides que les Canaries contiennent la diversité du monde. Il est sur que de désert en plaine verdoyante, de plages en coulées volcanique, et un volcan qui culmine à 3.720 m, cela fait un beau panel de diversité géographique et climatique.

D’un point de vu du temps, comme Madère, nous garderons un souvenir mitigé. Nous sommes arrivée en basse saison, celle ou les rares pluies de l’année se manifestent. Beaucoup pour notre pomme c’est ainsi. Cela contribue aussi à notre envie de partir pour des horizons plus chaud et moins pluvieux.

 

Ile de Graciosa, mouillage à Playa Francesca

Arrivés à la Playa Francesca en fin de matinée, nous jetons l’ancre dans la baie qui contient déjà quelques bateaux dont Atipik, partis en même temps que nous, mais arrivé avant. Le mouillage se trouve dans une réserve naturelle dont fait partie l’ile de la Graciosa qui fait 6,5 km sur 3km.

L’endroit est superbe, on voit d’un coté Graciosa et ses volcans, de l’autre, les falaises du nord de l’ile de Lanzarote, les deux étant séparés par l’estrecho Del rio, fréquenté par des baleines pilotes au cours de leur migration.

L’ile de Graciosa est très peu peuplée, elle n’a pas de routes, c’est une ile de rêve.

Nous resterons 5 jours dans ce mouillage tranquille, les enfants profiteront de la plage et du canoë. Le village de la Sociedad est accessible après 30 min de marche, ou on trouve le minimum pour les courses. On y trouve aussi des cafés avec du wifi, c’est pratique.

Ensuite, nous décidons de quitter Graciosa pour Lanzarote, l’ile juste en face, plus précisément, nous visons Puerto Naos, pour y poster les évaluations de la série 3 des enfants. Le port pour les plaisanciers est en fait inexistant, il est en travaux, pas grave, nous avions de toute façon, décidé d’être au mouillage, dans l’avant port .On y est mieux et c’est gratuit. Un petit tour dans la ville d’Arrecife nous permet de découvrir un quartier coloré et très sympa.

Mais comme nous voulons visiter Lanzarote et donc louer une voiture, nous bougeons pour aller sur Puerto Rubicon, une marina au sud de Lanzarote. Nous y retrouvons « Stand by me », un catamaran rencontré à Madère, ils sont là depuis une semaine et nous renseignent sur les choses à voir, on repart de chez eux , après un petit coup de vin blanc, et avec la carte de l’ile et de bons conseils, merci les copains.

Après une journée de nettoyage du bateau intérieur et extérieur (Appaloosa lui aussi a besoin d’une douche de temps en temps !), nous commençons donc à visiter Lanzarote par la montagne Del Fuego. Après être arrivés dans le parc naturel, un bus vous balade dans un paysage de lave apocalyptique, impressionnant, la visite se termine par une démonstration de geyser que les enfants apprécieront, ainsi que la terre encore très chaude quand ils en prennent dans la main.

Nous allons aussi visiter le Miradouro Del Rio qui n’est rien d’autre que le mirador que l’on voyait du mouillage de Playa Francesca, le site a été dessiné par César Manrique, un artiste canarien qui a laissé son empreinte sur les iles. On retrouve ses œuvres un peu partout sur Lanzarote. D’ailleurs le lendemain, nous allons visiter la Fondation Manrique, sa maison, construite dans une coulée de lave, elle est un exemple d’intégration dans l’environnement volcanique.

Cependant, une escale technique s’impose pour trouver des lattes de rechange pour Appaloosa, en effet celles trouvées sur Madère en inox n’ont pas fonctionné, elles sont toutes déformées, et après divers coups de téléphone, il s’avère qu’à Santa Cruz de Tenerife, un ship fait des lattes en fibre de verre. Banco, on y va. On en profitera pour lister toutes les petites choses à vérifier, réparer avant la traversée de L’Atlantique et ravitailler, j’en profiterais aussi pour me faire livrer mon antenne wifi uni directionnelle conseillé par Didier, notre webmaster et ami.

Une journée de navigation pour rallier Tenerife, on arrive le jeudi 15 novembre à la marina Del Atlantico

 

La marina Del Atlantico est en effervescence, on sent que les bateaux sont en pleine préparation de traversée de l’Atlantique, tout le monde bricole sur les pontons, court les ships à la recherche de la pièce indispensable, tout le monde a les yeux rivés sur la météo, avitaille, range dans les cales …

On ne déroge pas à la règle, notre liste de bricolage s’allonge, mais on a décidé de lui en coller une, les deux premiers jours sont réservés à la course aux ships, et ici, ils sont bien achalandés. La liste de bricolage se réduit mais il en reste encore.

C’est une chose à savoir quand on part comme cela en bateau pour une durée de 1, 2 ou plus années, si on est pas bricoleur, on le devient, c’est obligé.

Cependant tout le monde ne s’active pas, en effet, une population de voileux installés ici depuis une bonne dizaine d’années ne bouge pas, ils sont « englués » aux Canaries, tous n’osent pas franchir le cap de la traversée de l’Atlantique, alors ils racontent leur vie sur les pontons en regardant les autres partir.

On ne se laisse pas abattre, pour se détendre après le bricolage et le CNED, on visite Tenerife en commençant par le parc national du Teide, le paysage est sublime, les couleurs sont fantastiques. On en profite pour faire une randonnée d’une heure trente avec les enfants dans un paysage digne des grands canyons. Ils râlent un peu, comme d’habitude, mais ils suivent.

On remet ça le lendemain, en allant jusqu’à Los Gigantes, un autre site remarquable de l’ile.

De Tenerife, nous garderons le meilleur souvenir d’escale jusqu’ici. Une île qui offre des plages ou se baigner, des forêts à arpenter, une magnifique caldeira volcanique: il s’agit de la périphérie intérieure du cratère de l’île, tout y est beau. Vraiment, le parc national du Teide nous a impressionné. Il faut imaginer qu’un énorme volcan initial s’est affaissé il y a quelques milliers d’années. De cet effondrement, ont jailli 2 volcans plus petits. Entre ces 2 volcans et les bords initiaux du premier volcan il y a un plateau, inséré de plusieurs centaines de mètres en contrebas : la caldeira. Vous y voyez un monde minéral aux multiples couleurs, aux multiples formes. C’est un monde brutal ou la vie est peu présente. C’est un désert ou la roche s’est tordue dans de multiples formes, de la coulée de lave liquide à la mer de lave solide et absolument impraticable, du pic rocheux aux couches minérales apparentes, du profond ravin ou s’agrippent quelques maigres végétations à des lacs qui n’existent que quelques jours ou semaines avec les rares pluies, tout y est d’une beauté violente.

Retour au bateau le lundi, ou nous faisons le point avec Yann, et après de multiples hésitations et revirements, nous décidons de ne pas aller au Sénégal, visiter la Casamance. Pourtant la Casamance, ça nous tentait bien mais il faut faire un choix, si on veut être à l’entrée du canal de panama fin mars, et si on veut ne pas trop se presser mais avancer quand même, c’était le choix à faire.

Voilà, demain, mercredi 21 novembre, nous quittons Santa Cruz de Tenerife pour un mouillage, … Baia Antéqueira, un mouillage au Nord de l’île, une plage de sable noir ou les enfants étrennent leur planche à vague. L’avitaillement est fait et rangé, on va finir de préparer Appaloosa pour la traversée, préparer les enfants psychologiquement et répondre à leurs multiples questions sur cette traversée qu’ils commencent à appréhender un peu.

Le lendemain, nous descendons plus au sud de Tenerife, et une fois au mouillage, nous voyons arrivé La Guarda civil qui nous informe que nous ne pouvons pas mouiller ici, ni sur tout Tenerife d’ailleurs ! Mince, les guides nautiques disent tout le contraire. Visiblement les gardes cotes sont désolés, ils ne font qu’appliquer la loi, on leur explique que si on part maintenant, on arrive à La Gomera de nuit et ça on n’aime pas arriver de nuit dans un mouillage inconnu, bref, ils nous sous entendent qu’on peut jeter l’ancre dans la baie à coté, pour la nuit, si on part le lendemain. C’est ce qu’on fait.

Le lendemain, on lève l’ancre plus vite que prévu, le mouillage devenant très rouleur, on part sur la Gomera avec un vent de 20 nœuds dans le pif, pour changer.

Nous arrivons le soir à 18H00 au mouillage de Playa Guancha, à coté de San Sébastian de la Gomera, d’ou nous devons poster les évaluations de la série 4, du CNED des enfants.

Ensuite, dans 2 ou 3 jours si la météo est calme et propice, nous nous lançons dans cette traversée de l ‘Atlantique , retrouver ce monde hauturier que Yann connaît déjà , trouver ce rythme , plus lent , ou nous serons coupés du monde pendant 3 semaines .

Rendez vous donc de l’autre coté sur l’ile de Tobago à Charlottesville.

Toutes les photos ici

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(Yann)

C’est la veille du grand départ, les armes sont fourbies. L’étalon Appaloosa est cuirassé, prêt à en découdre avec la Grande Bleue et son armada de soldats d’écumes.

Cela fait une bonne dizaine de jours que nous y pensons et que nous nous y préparons. La dernière semaine aura été un intense bricolage entre les réparations, les améliorations, la recherche des pièces manquantes. De l’autre côté c’est le choix de la longue route, la décision du lieux d’atterrissage, etc.. Le résultat est là nous sommes prêt. Et nous voulons partir. Une fois que vous vous êtes mis en tête un objectif ambitieux il vous prend à son tour, tout entier et ne vous laisse plus de répit.

Et tant pis pour la Gomera (Canaries) que nous n’aurons pas visiter alors que tous nous disent qu’elle est belle. Quand la tête est déjà ailleurs, et le cœur sur les vagues, il n’y a plus rien à faire que de partir.

Du stress aussi il y en a, surtout pour les enfants : la peur d’être malade tout le temps, la peur de l’inconnu, de s’ennuyer, et toujours pas de téléportation disponible. Tant mieux je dis, c’est le voyage qui continuera de nous faire et de nous défaire.

Pour ma part, j’ai hâte d’y être pour retrouver cette autre dimension du temps qui s’écoule plus lentement. Seul le présent occupe l’espace – et la sécurité – je lui faite toute la place nécessaire.

Ce soir, dernière nuit au port de ce côté de l’Atlantique. Une pensée à la route déjà accomplie, aux copains et copines qui sont à terre. Nous les embrassons tous très fort. Hasta Luego ! De l’autre côté, avec plus de chaleur et les lagons bleus que nous désirons.

ie Semoun - Tranches De Vies (DVDRiP)

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