PORTUGAL:Billets 13 à 16

Billet n°13 : du 20 au 23 aout. Descente sur Leixoes.

Valérie

Le lundi 20 aout, à 8H45, nous quittons Playa Bueu (Espagne), en direction du large.

C’est du brouillard que nous avons dés le début, et nous devons mettre le radar en route et jouer de la corne de brume régulièrement. Vers 11H45, le brouillard commence à se lever et là surprise, des dauphins (4 à 5) viennent jouer avec l’étrave d’Appaloosa, les enfants se précipitent à l’avant sur le trampoline, pour les observer. Ce qu’il y eu d’encore plus magique c’est la transparence de l’eau. En effet, nous sortions du brouillard, il n’y avait que peu de vent. La mer était donc très calme. Jamais Yann n’avait vu aussi nettement les dauphins dans l’eau. Cela a donné de très belles photos et film. On pouvait presque les toucher en tendant la main. La frontière entre l’eau et l’air était ténue. Seul les gerbes nous la révélait. Dans les photos vous verrez même le reflet du ciel sur l’eau. Ce fut un pur moment de bonheur pour tout le monde, c’est étonnant à quel point ces animaux ont un pouvoir apaisant, ils appellent à la douceur, à la sérénité.

La navigation vers Leixoes est tranquille, on met même le spi (avec le tangon cette fois), pour qu’il ne s’enroule pas autour du génois. Cependant, le retour soudain du brouillard de mer, le soir, au large du Portugal, nous le fait enlever. Nous avions d’abord cru à un brusque changement de temps. Ce brouillard est venu tel un mur venant du large. Finalement cela n’a rien changé quand au vent. Ce n’est que bien plus tard que le vent mollit, il mollit tellement, que le génois est remballé et le moteur mis en route. Après, tout le monde va se coucher, sauf le capitaine qui entame son quart, il me réveillera une heure avant l’arrivée vers 23H00, pour affaler la Grand voile, en effet, l’atterrissage sur Lexoes est prévu vers minuit. L’approche du port fait fortement penser à Donges, en effet ce port est précédé d’une raffinerie et il y a beaucoup de bateaux en attente, le trafic est dense.

On prépare l’ancre, nous avons l’intention de nous mettre au mouillage, dans l’avant port, on avance tranquille et on croise au moins 25 bateaux de pêche qui sortent très rapidement du port. On allume le feu de pont pour être sur qu’ils nous voient. La sortie d’un cargo accompagné d’un remorqueur nous assure stress et spectacle. Les bateaux de pêche, telles des abeilles, tournent et virevoltent autour du cargo… et nous sommes les seuls à vouloir entrer.

Le lendemain, Appaloosa se met à quai dans la petite marina, notre première marina portugaise, le drapeau portugais est hissé. Il s’agit de la plus ancienne marina du Portugal. De là, nous allons visiter Porto une journée, en prenant le bus tout proche. Porto est superbe, nous avons le temps de visiter plusieurs monuments, de se balader dans les rues de la ville, qui sont très colorées. Porto donne sur le fleuve du Douro, ce même fleuve est enjambé par un pont, le pont Maria Pita. Mais pourquoi je m’intéresse à ce pont ? Car je suis auvergnate et qu’en Auvergne, il existe un pont identique construit par Gustave Eiffel, le Viaduc de Garabit. Après vérification, le pont Maria Pita a bien été construit par Gustave Eiffel en 1876, il mesure 352m de longueur, 61,2 m de haut et 6m de large, Le viaduc de Garabit lui se trouve dans le Cantal, il enjambe la Truyère, il mesure 564 ,69 m de long, 20 m de large et 122 m de haut. Garabit a été construit en 1880.Les deux ont en communs d’être des viaducs ferroviaires, celui de Porto est actuellement désaffecté, par contre le viaduc de Garabit est toujours en fonction. Depuis plus d’un siècle, l’Aubrac Express surplombe la vallée de la Truyère, la vitesse sur le viaduc est limitée à 10 KM/heure. Voilà c’était la parenthèse auvergnate !

Les photos ici

En savoir plus... 0 Commentaire

Billet n°14 : 23 aout –En route pour Lisbonne.

Valérie

Nous partons de Leixoes vers 14HOO, le ciel est couvert. Appaloosa a belle allure, le réglage des voiles est aux petits oignons, nous marchons à 8 nœuds, par vent de travers.

Personne n’est malade .On tient le bon bout ! La journée se passe tranquille, ça change des dernières navigations que nous avons eues. Nous avons l’intention de nous arrêter sur l’ile de Berlanga, nous y arrivons le lendemain vers 8H00. Après avoir dérapé une première fois avec l’ancre, nous finissons par être mouillé aux pieds du Fort Sao Jaoa Fortaleza.

Le site est superbe, et les touristes le savent, en effet, ils viennent par navette entière du Port de Peniche, en face sur le continent. Cela ne nous empêche pas de nous baigner, mais avec les combi shorts car au Portugal, l’eau est encore très froide .Le soir est plus calme, le défilé des bateaux moteurs étant terminé.

Le lendemain nous levons l’ancre vers 7h00 pour Lisbonne, le temps est couvert.

Nous réveillons les enfants vers 9h30.On décide de mettre le spi, non sans mal, décidément celui là, il va falloir l’apprivoiser. Appaloosa marche bien, à 8 nœuds, on avance tranquille. A 15 h00, on se prépare à affaler le spi pour pouvoir virer vers le Tage, on passe sous grand voile et génois .La remontée du Tage se fait dans de très bonnes conditions, grand soleil, Appaloosa trace, on passe sous le premier pont qui enjambe le Tage : le pont du 25 avril, on a toujours l’impression qu’on va toucher. On croise ensuite un gros paquebot : le Queen Elisabeth. Les enfants nous posent plein de questions, ils ont vu le Titanic la veille !

Notre marina, la marina Parque das Nacoes se trouve juste avant le prochain pont : le pont Vasco de Gama, ils nous accueillent au ponton d’arrivée, ils ont reçu tous les colis que nous attendions : le CNED de Lucas, les livres d’école, une pompe d’eau douce pour Appaloosa, et ils sont très accueillants. Il va juste falloir se mettre au portugais, ce n’est pas gagné.

La marina est vraiment agréable, la capitainerie nous renseigne sur les alentours, un hypermarché est tout proche dans un grand centre commercial, nous allons pouvoir faire des courses. Le lendemain, un bateau voisin nous rend visite, ils sont un couple avec un enfant sur un lagoon et parte sur Madère dès le lendemain, ils ont comme projet 2 à 3 ans de navigation jusqu’en Nouvelle Calédonie, donc nous avons une bonne partie de trajet commun, on les reverra peut être plus tard.

Pour nous, cette première semaine à Lisbonne est sous le signe de l’école, les enfants démarrent le CNED le 29 aout, on prend de l’avance en prévision de la navigation sur Madère. C’est donc un nouveau rythme qui s’installe : lever des troupes à 7h00 puis démarrage du CNED à 8h00 jusque 12h00, c’est moi qui m’y colle la plupart du temps , Yann m’aide pour l’anglais . Mais j’aime bien leur donner des cours , c’est un moment de calme dans le bateau , tout le monde est concentré sur ses cours ; pendant ce temps ,Yann s’occupe de son CNED à lui : corvées , nettoyage, entretien et dépannage du bateau.

Les photos ici

En savoir plus... 0 Commentaire

Billet n°15 : Du 27 aout au 3 octobre : LISBONNE

Valérie

Au départ, Lisbonne devait être une escale d’une quinzaine de jours, afin de faire réparer les bossoirs, remplacer la latte, de réceptionner la nouvelle annexe, plus la liste du CNED du capitaine et de visiter Lisbonne bien sûr. Au final, un retour imprévu en France pour des raisons familiales et professionnelles, nous rallonge l’escale portugaise à un mois. Et oui, nous avons tous des em… , et puis là des grosses. L’important c’est de pouvoir re partir.

Parlons de cette magnifique ville. Lisbonne se trouve sur la rive droite de l’estuaire du Tage, la marina dans laquelle nous sommes est dans le quartier du parc des expositions qui date de 1998, cette exposition commémorait les 500 ans du voyage mythique de Vasco de Gama. C’est le petit bonhomme qui a découvert les Indes lors de son périple 1497- 1498. De cette période le Portugal est devenu « la Nation » qui a le plus découvert de territoires. Pour cette circonstance, Lisbonne avait décidé de se moderniser avec le « parc des nations » proche de la marina « parque das naçoes ». Dans cet optique, tout a été fait pour mettre en avant l’aménagement urbain : des espaces vastes et ouverts sur le fleuve, dédiés aux piétons, aux vélos …

Au milieu de tout ça, et tout en cohérence, ont été mise les attractions de l’expo 1998, comme point d’orgue l’océarium a été construit au milieu. Nous l’avons visité, conçu autour d’un bassin central, contenant l’équivalent de 4 piscines olympiques, il contient en même temps : requins, raies, tortues, poisson lune, etc. On peut voir le tout sur 2 étages. De plus 4 autres aquariums restituent 4 régions océaniques du globe : l’Atlantique des Acores, le Pacifique, l’Océan indien et l’Antarctique. On y passe la journée avec les enfants qui découvrent ce qu’ils pourront voir en vrai d’ici à quelques mois.

Une autre attraction est le pavillon de la connaissance, il est dédié à la science et à la connaissance, les enfants peuvent y voir et y faire des tas de manipulations très bien faites concernant plein de domaine comme les phénomènes météo, la mécanique, l’électricité, la gravité, les illusions d’optique… C’est le musée que les enfants ont préféré.

A l’extérieur, les « Jardin de Agua » mettent en scène l’élément liquide, toutes sortes de d’expérience à base d’eau, on y passera pas mal de temps à tout tester et à se rafraichir aussi ! Il y a aussi le Jardin des ondes. Il s’agit de la mise en scène des vagues mais sur un terrain modelé et semé de pelouse. Nous l’avons trouvé très réussi.

Le pont Vasco de Gama, tout proche, surplombe les flots, il est impressionnant avec ses 17 km de long.

Mais Lisbonne, c’est aussi de nombreux quartiers. Nous nous sommes arrêtés sur celui de Belém, tout à l’opposé. « Belém » signifie Bethléem en Français. Ce quartier comprend lui aussi pas mal de musées, comme celui de la marine et celui des carrosses, les deux sont sympas à visiter, celui des carrosses expose plusieurs dizaines de carrosses royaux, coches, berlines du XVI au XIX siècle, tous très joliment décorés, intéressant à voir, on est transporté dans le temps ! Nous y avons découvert, excusez notre inculture, que la partie centrale du carrosse, celle ou les passagers prenaient place était suspendue en l’air. Les premières suspensions de l’époque étaient des lanières de cuir.

Le musée de la marine contient des maquettes magnifiques, certaines de plus de 2 m, différents astrolabes et sextants (là c’est Bruno qui aurait été content), on peut même y voir des cabines royales d’un paquebot du XIX siècle, du coup Katell voulait la même cabine dans Appaloosa, là on va avoir du mal.

Le musée de la marine expose aussi : des galères grandeur nature, (on change d’échelle du coup) et les premiers hydravions. En effet l’hydravion a fait partie d’un des moyens de conquête, dont celui de l’Atlantique, que le Portugal a utilisé.

Le monastère des Hiéronymites (Mosteiro dos Jeronimos) se trouve aussi dans le quartier de Belém, il est classé au patrimoine mondial de l’Unesco, c’est une construction gothique impressionnante, commanditée par le roi Manuel 1er. Un siècle de travaux fut nécessaire à sa construction et il échappât au tremblement de terre de 1755. C’est d’ailleurs impressionnant de s’imaginer que de ce tremblement de terre seuls quelques bâtiments ont survécu, dont le plus grand. Dans l’entrée du monastère, sont entreposés les tombeaux de Vasco de Gama et de Luis de Camoes.

En parallèle de toutes ces visites, la nouvelle annexe est arrivée, après un gonflage de celle ci, les gars se sont empressés de l’essayer en long et en large dans la marina, c’était à celui qui la piloterait le plus, bon, une annexe reste une annexe, c’est bien des gars tient !

On avitaille aussi, avec l’hypermarché « Continente » qui livre, en plus, il faut dire que nos ados mangent et pas qu’un peu, je ne sais pas ou ils le mettent.

Nous avons aussi été « visiter des shipchandlers », pour acheter du matériel pour Appaloosa.

On en a profité pour aller voir nos bossoirs en cours de fabrication, ils avancent, et devraient pouvoir être poser mardi 2 octobre, et là après, zou, direction Madère !

Car Appaloosa a les coques qui lui démangent, Lisbonne, c’est sympa, mais on voudrait tourner la page et reprendre le cours du voyage. Pourtant la ville est magnifique et nous n’en avons vu qu’une petite partie. Il faut dire aussi que le retour en France nous a cassé le rythme, on avait eu du mal à se mettre dedans, à prendre nos marques, donc maintenant, nous avons hâte de reprendre la mer, pour retrouver les sensations et le rythme des navigations, les quarts de nuit (quoique là bof), mais surtout retrouver « nos » dauphins.

La navigation sur Porto Santo , petite île avant Madère, ou nous ferons escale une semaine, devrait durer 4 à 5 jours, donc la plus longue navigation que notre équipage familiale a eu depuis le début . Il va falloir se ré amariner, enfin bon, sauf le capitaine, il est tombé dedans quand il était petit, comme Obélix.

La météo prévue est bonne jusqu’à maintenant mais bizarrement plus la date du départ approche, plus le vent commence à virer face à nous, décidément, le vent ne veut pas coopérer. Nous verrons bien au moment du départ .

Ensuite, nous entrons dans le monde des îles, des îles vertes, florissantes et tropicales , avec une température ne descendant pas en dessous de 23°C, et aussi la possibilité de se baigner au mouillage dans une eau presque chaude .

Bref, nous avons hâte d’y être.

Les photos ici

En savoir plus... 0 Commentaire

Billet n°16 : du 4 au 11 octobre : LISBONNE –SESIMBRA-LAGOS

à PORTO SANTO – ILE DE MADERE – Portugal

Yann et Valérie

Départ de Lisbonne, le jeudi 4 au matin, un arrêt express à la marina d’ Alcantara, pour récupérer notre mat de drapeau qui a du être rallongé, suite à l’augmentation de taille des bossoirs, et nous voilà reparti pour de bon, à descendre le long du Tage, qui est toujours aussi majestueux. Notre première escale sera Sesimbra, sur les conseils de Carlos. Qui c’est Carlos ? Carlos, c’est l’homme à tout faire, vous cherchez un truc, une pièce, il vous la trouve , c’est grâce à lui que les bossoirs ont été réparés , il est efficace et serviable et c’est donc sur ses conseils, que nous allons faire escale à Sesimbra, puis à Lagos . De toute façon, c’est sur notre route, et cela permet de ré amariner tout le monde doucement, avant la traversée sur Porto Santo.

Nous profitons donc de l’escale de Lagos, pour faire le plein d’eau et de carburant, je comprends pourquoi, du coup, la ligne de flottaison d’Appaloosa, a baissé sur l’avant.

Ca y est, nous partons de Lagos, paré de ses magnifiques falaises et grottes. Nous les avons parcourues avec notre annexe, et avec les filles, nous avons plongé. C’est à la nuit tombante que nous quittons le port de Lagos, ou nous avons fait une courte halte, pour faire le plein de gasoil et de quelques provisions de frais. La suite nous dira que nous avons bien fait. Nous hissons les voiles entre chien et loup et nous passons à table : au menu pizza. Dès le début nous faisons cap direct, en fait presque : j’ai choisi une courbe qui épouse la courbure de l’anticyclone et qui devrait nous permettre ainsi d’avoir toujours un peu de vent.

Plus de 450 Mn nous attendent (833 km), une belle balade de 3 à 4 jours. Notre plus longue navigation en famille à ce jour. Cela va être le début du monde des îles. Le périple va prendre une autre dimension. Un pas de plus dans le voyage qui vous fait et vous défait.

Le vent se porte pâle dès le début de la traversée; il faudra mettre la risée diesel (et ce ne sera que le début) ! La nuit se passe calmement avec une attention particulière pour la traversée du rail de Cabo de Sao Vicente .Il permet de contrôler le trafic qui rentre et sort de Gibraltar, et qui remonte vers le Golf de Gascogne. D’ailleurs nous passerons tout près d’un pétrolier n’étant plus maitre de ses manœuvres, et qui dérive à 1,1 nœuds. C’est la vue de 2 feux rouges dans le haut de sa mâture qui m’a attiré. Et là désolé Bruno C, mais, mes souvenirs de tes cours sur ce chapitre étaient enfouis dans ma petite tête. Heureusement l’almanach Breton est là !

Sinon c’est toujours un réel plaisir de retrouver le ciel étoilé. Je l’ai souvent dit, mais je fais une parenthèse pour l’expliquer. De la terre, et particulièrement dans le milieu illuminé des villes où nous vivons, vous ne voyez rien ; j’exagère, mais vous ne voyez pas la moitié de ce que nous pouvons voir quand nous sommes loin de toute « pollution » visuelle. En mer (loin de tout lampadaire) nous voyons les étoiles dès 3° à 5° au dessus de l’horizon, sur terre c’est au mieux à 15° de hauteur. (En ville c’est 0° bien sûr.) Vous voyez davantage d’étoiles aussi sur l’océan. Alors l’immensité de l’espace vous saute dessus ! Les astres vous paraissent tellement proches et lointains en même temps. Quand en plus, vous avez eu la chance que l’on vous initie aux galaxies, constellations, etc. (merci à Jean Michel et encore à Bruno), c’est fantastique.

Vous pouvez aussi installer un logiciel comme Stellarium valable pour Mac et PC. Alors vous entrez dans une autre dimension. Vous voyez le ciel qui bouge centré sur l’étoile polaire. Tout le ciel bascule doucement. Je finis même par avoir des points de repère qui m’indique fort modestement ma position très approximative. Nous avons tous rêvez de voler quand nous étions enfants. Moi j’ai été marqué en plus par la « Guerre des étoiles » et Luke « Marche dans le ciel ». Quand vous êtes face à ce ciel constellé d’étoiles vous vous sentez vivant et … réduit à un grain de sable errant dans l’espace. L’insignifiance de votre être vous force à rester modeste.

Le lendemain, lundi, je mets une ligne de traîne celle qui nous fit la remontée de l’Afrique du Sud, mais aussi une ligne montée sur un gros moulinet que m’a offert mon Oncle Serge. On se dit qu’on va bien finir par pêcher en changeant de fil, de leurre, de technique …

Pour les enfants c’est le début de grandes doses de CNED avec des évaluations à la clef. Vers midi, je tente de prendre une méridienne du soleil au sextant, mais mon calcul erroné, me fait croire que je l’ai loupé de quelques minutes (en fait elle était moins d’une heure … après, et oui nous sommes en UTC +1). La journée se passe avec la compagnie un peu bruyante de Monsieur diesel. La bonne nouvelle, c’est la visite de deux dauphins, au couché du soleil. Le spectacle est toujours magique et la joie instantanée.

La nuit vient, et avec Rozenn qui m’accompagne, nous observons les étoiles. C’est la grande phosphorescence du plancton qui l’impressionne, dans le sillage du bateau. Nous allons même avoir une vision incroyable, de très courte durée : un dauphin de nuit. Difficile de vous décrire cette magie mais je tente le coup ! Plus vous allez vite et plus vous agitez le plancton, donc plus il est phosphorescent. Avec Rozenn, le vent était légèrement revenu avec la tombée de la nuit, sous voile, le sillage d’Appaloosa était phosphorescent. Par contre quand c’est un dauphin, avec la vitesse bien supérieure qu’il atteint, c’est tout l’animal qui se retrouve phosphorescent. Plus exactement sa silhouette se trouve découpée et entourée d’une lumière surréelle ainsi que la traînée que l’animal génère. Cela n’aura duré que quelques secondes, mais elles resteront gravées. Là vous vous dites que 1) le Capitaine a bu un coup de trop. Non ma fille peut témoigner. 2) vous êtes en présence de magie. OUI votre âme d’enfant ne peut rester insensible devant tant de beauté qui semble irréelle et tellement éphémère.

Mardi 9 octobre 2012. Midi, Lucas décide de se faire un jus d’orange. Alors qu’il voulait vider le pressoir, celui ci tombe à l’eau. Il a l’air de flotter. Je décide donc de faire demi-tour, cela servira de pédagogie pour tenter de récupérer un objet tombé à la mer. Sur le chemin du demi tour, nous avons eu droit à un spectacle rare : une tortue qui se reposait à la surface, elle est posée là nonchalamment, au milieu de rien. Elle me rappelle celle que nous avions vue, avec les équipiers, lors de la remontée d’Afrique du Sud, peu avant les Açores. Toujours magnifique, avec ses gros damiers sur la carapace. Et puis, elle a du entendre les variations du moteur, elle a plongé. Du coup, les maigres chances de récupérer le pressoir se sont évanouies. Aucun regret cependant.

Le relevé de la méridienne du Soleil à son Zénith est réussie, mais pas les calculs. Heureusement il y a l’aide du professeur Bruno C, par sms sur l’iridium. Il faudra remettre cela, le manque de pratique ne pardonne pas, dans la manipulation du sextant. Une autre bonne surprise nous attend : une nouvelle visite de dauphin, là encore, comme le vent est toujours absent, il a l’avantage de rendre l’eau très transparente. Encore de belles photos dont vous pourrez voir les meilleures.

Les bonnes surprises n’arrivant pas seules, nous pêchons, ENFIN ! Ce sera une belle bonite de 3,5 Kg (voir le tableau de pêche, dans la rubrique de Lucas). Quelle fierté de ramener enfin quelque chose, et du bon. La bonite fait partie de la famille des thonidés, et au découpage le sang est très rouge et abondant. J’ai pris bien soin de rincer le bateau sitôt la bonite dépecée. Elle passera le midi même dans nos assiettes. Un seul regret pour Lucas : il y a trop d’arêtes. Mais rassurez vous sa propre pêche donne une saveur des meilleures au poisson. Une heure après ce sera une autre bonite légèrement plus petite ce coup ci. Nous ne sommes plus « Broucouille » comme on dit dans le pays de la Galinette cendrée. Bien contents.

Le début de nuit suivante nous voit déployer le code « 0 », j’espère que cela va durer, mais à 22h15 il nous faut repasser au moteur avec une inclinaison de cap supplémentaire qui nous fait remonter de plus en plus vers l’Ouest. Je dois réveiller Rozenn pour remballer le code « 0 ». Pas très contente que je la réveille, mais elle se rendort à une vitesse déconcertante. Valérie, elle jonglera seule avec un Cargo qui lui fera un peu peur … sans me réveiller.

Le Mercredi 10 ressemble aux autres jours d’un point de vue vent : l’anticyclone nous prive de vent, et c’est le ronron agaçant du moteur qui rythme la vitesse : à peine 5,5 nœuds, soit seulement 130 à 135 Miles nautiques par 24 heures. C’est loin des 180 Mn auxquels je m’étais habitué. Maintenant nous savons notre vitesse minimum sur le long terme, et encore nous sommes aidé par le courant estimé à 30 Mn par 24 heures pour les 2 premiers jours.

L’autre occupation ultra majoritaire à bord, comme je l’ai déjà écrit, est le CNED, et là, je ne peux pas dire que le capitaine en raffole. Vu nos quarts pour les adultes, nous levons tout le monde vers 8h30 au lieu de 7h00, Vu le rythme de la houle qui indispose légèrement les enfants les 2 premiers jours, vu que c’est la période des évaluations (contrôle à renvoyer), vu qu’il y a toujours plein de choses à faire, à regarder, à se laisser distraire, résultat : le CNED prend toute la journée jusqu’à 18h. Pauvre professeur, qui n’a plus de temps pour elle et qui sature. Pauvre capitaine ! C’est tout juste s’il peut se réfugier ½ d’heure seul sur la plage avant. N’exagérons rien quand même ; les conditions auraient pu être bien pires. Et puis, nous avons voulu prendre de l’avance, de façon à ce que nous ayons du temps pour visiter Porto Santo.

Ce mercredi, nous avons encore le droit, pour la 3ème fois au spectacle des dauphins. Le plus fourni. En fait, nous voyons un gros banc de dauphins (50 ? 80 ? plus ?) qui vient droit sur nous, une belle route de collision par tribord. Les premiers obliquent leur trajectoire et viennent jouer devant l’étrave. Ils sont nombreux, jamais nous n’en avons eu autant .J’ai l’idée de mettre le 2ème moteur en route, et de pousser les machines de 1.800 tr/mn à 2.100 tr/mn. Bingo, les dauphins adorent : ils viennent encore plus nombreux, encore plus joueurs. Cela va durer une bonne ½ heure. Et puis, d’un seul coup, 2 s’enfoncent dans les profondeurs et nagent à une vitesse folle vers bâbord. Nous les suivons des yeux machinalement et là … rien que pour nous … ces 2 dauphins sautent ensemble, à environ 3 mètres de haut ! Comme pour nous dire bonjour ou nous remercier. Ce fut le bouquet final, puis, ils ont repris leur route. Je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a eu une communication entre nous et eux !

Le soir retour du vent, pour combien de temps me demandais-je ? En tout cas, il nous aura propulsé pendant plus de 3 heures ce coup ci, à une vitesse moyenne de plus de 6,5 nœuds. La dernière nuit, Valérie me réveille pour remballer le screecher, cela se fait sous la pluie ! De la pluie, cela faisait longtemps. Déjà, le feu du phare de Porto Santo, nous indique que la terre se rapproche, puis ceux sont les lumières de l’île, vous savez les lampadaires dont je vous parlais plus haut. Jeudi matin, après une autre courte visite de dauphins (décidément pas un jour sans dauphin), c’est la vision magique de la terre qui se découpe sur l’horizon.

Après plus de 3 jours de mer, pour tous, c’est un moment magique .Terre… une île qui se dessine. Les contours s’affinent, et avec l’arrivée, le soleil, les couleurs s’animent. Elle est très belle : des falaises qui sont décorées de veines de différentes couleurs : des bruns, des rouges, des beiges et des marrons. D’un aspect aride, nous savons que seuls le côté Nord, soumis au vent dominant qui apporte un peu de pluie, de temps en temps, la rend plus verte.

Que c’est bon de voir la terre ! Elle représente la fin de l’étape, le passage du continent aux îles, l’immersion un peu plus profonde dans le monde de l’itinérance, l’ouverture vers d’autres cultures, d’autre gens, l’AUTRE.

Toutes les photos ici

En savoir plus... 0 Commentaire