Par Valérie

Après un retour en France de 5 semaines ou nous avons parcouru la France pour voir la famille et les amis, un peu de plein de froid, au vue de la météo française, de pièces détachées pour Appaloosa et d’un peu de miam typiquement de chez nous, nous voilà de retour au Panama, à Shelter Bay.

Un retour un peu épique , un arbre est tombé en travers de la route qui mène à Shelter Bay , donc attente des bomberos , les pompiers panaméens , pour dégager l’arbre à la machette et à la hache . Trois bonnes heures après, nous retrouvions Appaloosa, avec de la moisissure partout, un élevage de champignons et des cafards toujours pas morts, malgré un nettoyage minutieux et complet d’Appaloosa, une fumigation contre les insectes et les champignons, avant de partir.

Bon, nous qui voulions souffler un peu à l’arrivée, après 20H00 d’avion et une nuit à l’hôtel à Panama City, c’est raté. Et si nous voulons dormir, ce soir, dans Appaloosa, il faut tout nettoyer, tout le monde s’y mets et Appaloosa est de nouveau habitable le soir. Il ne nous faudra pas moins de 2 jours pour tout nettoyer à fond, sans compter que la machine à laver le linge ne veut plus marcher, ça tombe plutôt mal , on a beau la démonter , la sécher , rien n’y fait , elle boude . On découvre aussi que l’ordinateur dédié à la navigation non plus ne marche plus, décidément, l’humidité fait énormément de dégâts , celui là on a un secours , mais quand même .

Les formalités de passage de canal s’active, dès le lendemain de notre arrivée, Eric notre agent, passe au bateau et nous explique le déroulement des opérations. La première étape est le passage de l’agent mesureur, comme son nom l’indique, il mesure la longueur du bateau, cela détermine le prix du passage du canal, la barre fatidique est à 50 pieds, en dessous, on paye 800 dollars, au dessus, c’est 1300 dollars, dans le doute, nous démontons le bout dehors pour être sur d’être en dessous.

La seconde, c’est le choix de la date de passage, et la dernière le paiement.

Comme nous passons par un agent, nous n’avons pas à verser de caution pour le canal et les pneus et les aussières de 40 mètres de long sont fournies et livrés la veille de la date de passage du canal.

Pour le passage des écluses, il nous faut aussi 4 handliners en plus de l’adviser qui est obligatoire, il conseille pour les manoeuvres et les amarres dans les écluses, et les handliners manipulent les aussières de 40 mètres. Nous décidons donc de passer aussi par Eric pour eux, on n’aura pas à se tracasser, ils ont l’habitude et on pourra plus profiter du canal.

Le jour du passage du mesureur, il pleut comme rarement on a vu, ici c’est la saison des pluies, et ce n’est que le début paraît il. Du coup, rien ne sèche, et comme la machine ne fonctionne toujours pas, j’utilise les machines à laver de la marina.

Le samedi matin, nous partons avec Lucas à Colon, au Quatro Alto , faire des courses pour le week end , en sortant du supermarché , un gars nous accoste , il nous propose de nous ramener à la marina . Sur le coup, je suis méfiante, Colon n’a pas bonne réputation, c’est clairement une ville dangereuse, ou on ne doit pas circuler autrement que dans des taxis officiels jaunes, même pour 800 mètres. Après discussion avec le gars , il m’explique qu’il va souvent à la marina intervenir , il est ingénieur , me montre sa carte et est référencé sur le site anglais noonsite , là ça m’intéresse , quand en plus il parle de savoir réparer la climatisation ( la notre est en panne ) , je décide d’appeler Yann , pour qu’il parle avec Deenys , c’est son nom et lui expliquer exactement comment est notre climatisation , au passage je lui donne le nom et l’adresse du bonhomme au cas ou.

Finalement, Deenys s’avère être une bonne personne, puisqu’il nous ramène à la marina, nous fait un devis pour notre climatisation, j’ai pas perdu ma journée !

Le passage du canal est finalement calé le mercredi 19 juin, d’ici là, on doit avoir fait le très gros avitaillement d’Appaloosa avant de partir. Pourquoi très gros car pas de grosses courses possibles avant Papeete et on n’y sera que fin septembre.

Donc lundi , nous prenons avec Yann , la navette de la marina pour El Rey , le supermarché de Colon , pour plus de 400 dollars de courses , il nous livre et nous ramène à la marina .

Nous achetons 100 litres de lait, 50 litres de jus de fruit, 50 kilos de farine, 70 œufs, bref on passe 7 caddies en caisse pour 2000 dollars de course.

A la marina, on recommence, on amène tout à Appaloosa, on enlève tous les cartons (à cause des cafards), on nettoie toutes les boites à la javel (toujours à cause des œufs de cafards), pour finir le soir à 19H30, complétement crevés !

Tout est rentré dans les fonds et les placards, mais c’est la limite, ça déborde, et la limite de flottaison, ben elle est juste sous l’eau, aie aie aie.

Mardi, nous recevons les pneus et les aussières, on les met en place avec Lucas, pendant que les filles nettoient les salles de bain du bateau et le carré ,et que Yann est retourné sur Colon chercher des pièces de bricolage. Le soir, nous sommes fin prêt et surprise, nous voyons arriver Arturo pour nous livrer notre commande West marine de Miami. On ne devait la récupérer que sur Panama City après le passage du canal, ben ça s’est fait !

Le lendemain, les handliners se présentent à 11H00, nous devons être sur les flats (zone d’attente des navires) vers 13H00 et l’advisor arrive à 16H30.

Ca y est le moment tant attendu est là, on part de Shelter Bay, depuis le 28 avril, nous n’avons pas navigué, on est tous un peu tendu, on voit de suite que les handliners sont efficaces, Appaloosa est largué en 10 secondes.

En arrivant sur les flats, on se prend un grain, on n’y voit pas à 10 mètres. On jette l’ancre pour manger et on attend l’advisor pour 16H30.

Elvir, notre advisor arrive pile à l’heure, d’entrée de jeu, on sent le gars très sympa, en plus il a notre âge. Il nous explique plein de détails sur le canal que Lucas vous présente dans un exposé spécial canal.(voir ici)

Nous arrivons à l’entrée de la première écluse de Gatún et on voit notre premier crocodile. Les enfants sont enthousiastes. Nous passons à couple d’un voilier français, la première écluse est impressionnante et les remous quand l’écluse se remplit aussi, mais Appaloosa ne bouge pas.

Nous passons sans encombre les 3 premières écluses et nous arrivons sur le lac Gatún vers 19H00, là, le pilote nous indique une tonne ou nous amarrons pour passer la nuit. On ne traine pas pour manger et aller se coucher car le second advisor arrive le lendemain à 6H00.

En effet, le second advisor arrive à 6H30 en bateau pilote. De suite, nous nous désamarrons de la tonne et prenons la direction indiquée par l’advisor.

Nous traversons le lac Gatún sous un ciel gris pluvieux, à l’approche de l’écluse de Pedro Miguel, la pluie se calme.

Et là, on recommence, mais on descend cette fois, nous passons seul cette fois ci, avec un gros panamax derrière nous.

Puis se présentent les 2 écluses de Miraflores, ou 2 webcams sont présentes, nous avons par SMS et téléphone ma mère et des amis qui nous suivent sur la webcam , tous nous disent qu’un piaf est pile devant la caméra et cache Appaloosa. Qu’à cela ne tienne, l’advisor téléphone pour faire bouger la caméra et faire partir le fameux piaf.

Du coup, les copains nous voit, les SMS fusent, c’est magique .On nous envoie des copies d’écran de nous dans l’écluse. Le piaf est devenu célèbre, du coup, nos amis l’ont surnommé Roberto.

La fin des écluses descendantes marque l’entrée dans le Pacifique, ainsi que le passage sous le pont des Amériques.

Après un stop à Balboa, pour débarquer nos 4 handliners et faire le plein d’eau et de fuel, nous allons au mouillage à las Brisas, prés de Isla Perico.

Nous sommes crevés, mais contents, les nerfs tombent et nous nous couchons comme des masses. Mais en plein milieu de la nuit, un bip persistant nous réveille, c’est l’alarme de mouillage, je me lève et voit tout de suite que nous avons dérapé, et pas qu’un peu, de 150 mètres, nous sommes passés très prés d’un autre voilier. Avec Yann, on allume les moteurs, on remonte l’ancre et on remouille plus loin, pour aller se recoucher ensuite, mais nous ne dormons que d’une oreille par la suite.

Le lendemain, Deenys vient nous réparer la climatisation, de plus la machine à laver remarche, miracle. Deenys nous donne une adresse pour faire réparer notre ordinateur dédié à la navigation, après une journée, nous le récupérons à peu prés opérationnels.

Deenys est une belle rencontre, ce fameux gars dont je m’étais méfié au début se révèle être une personne de qualité, pleine de générosité, on lui promets de donner des nouvelles de « nos aventures ».

Le lundi 24 juin est gris et pluvieux , nous nous prenons un gros grain à 30 noeuds dans le mouillage et nous voyons le trawler bleu à coté de nous déraper très vite , heureusement , il y a du monde à bord et il le stoppe . Par contre, le caïque devant nous dérape vers nous, et il n’y a personne à bord. Yann allume les moteurs pour soulager l’ancre, le caïque se stoppe à une trentaine de mètres de nous, on le surveille de prés pendant tout le grain qui dure une bonne heure.

Finalement, dans l’après midi, on change de mouillage, nous n’avons pas envie qu’ il nous dérape dessus pendant la nuit.

Un taud de protection solaire pour l’avant de L’Appaloosa est fabriqué, nous devons le récupérer lundi 24 juin. L’iridium est testé, il marche bien et enfin, les grosses courses de fruits et légumes sont faites et rangées. La météo est prise.

Tout est paré pour le départ vers les Galápagos mardi 25 juin. Les coques nous démangent et les tortues centenaires des Galápagos nous appellent.

Toutes les photos ici

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