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Vendredi, 25 Janvier 2013 14:29

BILLET N°22 : La Martinique

BILLET N°22 : La Martinique
Yann et Valérie

TRAVERSE DE MAYREAU – SAINT VINCENT DES GRENADINES
AU MARIN – MARTINIQUE

Nous sortons du mouillage encombré de Mayreau à 14h, le 3 Janvier. Comme vous le voyez la reprise est dure. Nous décidons de prendre 2 ris, car la traversée des canaux ; c’est ainsi que sont appelés les espaces de pleine mer entre les îles, sont en général chaotiques et ventés.
Le Premier canal nous gratifie de la pêche d’un Barracuda de 58 cm. Nouvelle espèce pêchée pour Appaloosa. Nous voyons bien là un carnassier : ligne effilée, grande gueule avec des dents pointues et plus longues tout à l’avant.
Au programme de cette traversée, nous avons du vent de près qui oscille entre l’Est et l’Est Nord Est. La Stratégie est simple : nous remontons au vent autant que possible, une fois sous le vent de l’île (c’est à dire du côté ou va le vent), comme nous serons plus ou moins déventé, nous ferons un appui moteur, et quand on n’aime pas trop les anglais, on dit que l’on tire un « bord Anglais », afin de reprendre le cap perdu.
A 18h la  nuit tombe alors que nous sommes dans le canal entre Bequia (prononcez Becoué) avec un Force 6. A 19h sous le vent de l’île, mes prévisions s’avèrent exactes : plus de vent, le moteur nous aide à remonter.
A minuit, nous nous trouvons dans le canal de  Saint Vincent à Santa Lucia. Nous retrouvons du force 6 et une mer chaotique. Par contre, la Lune nous permet de mieux voir. Même stratégie pour Saint Vincent vers 3h du matin : un bon bord Anglais.
Nous rentrons dans le dernier canal Santa Lucia – Martinique au lever du soleil. Je capte par la VHF de la Martinique qui diffuse toute les ½ heures un Bulletin Météo spéciale : pour mer dange’euse là dis donc ! Sans plaisanterie, la mer est mauvaise parce que hachée, avec une houle courte et croisée. Elle est due aux effets d’une tempête Tropicale sur les Bahamas d’après ce que nous avons ouï dire. Dans ce dernier canal, nous prenons des grains à force 7.  Bien nous a pris d’avoir les 2 ris, on ne perd pas beaucoup en vitesse, on gagne en confort (Appaloosa est plus stable) et en tranquillité d’esprit. C’est une belle leçon que j’ai appris pendant le voyage : en navigation familiale, on réduit la toile de plus de bonne heure.
Comme nous avançons vite, nous sommes en approche de la baie du Marin vers 8h.
Le ciel est gris, la pluie s’intensifie, et nous ne voyons pas à ½ mille. Le radar nous aide bien, tant pour voir les navires, la côte, que le début ou la fin des grains.
Nous remontons le Cul de Sac du marin, dans la chaude grisaille, le ciel s’éclaircit légèrement, nous permettant de voir le club Med que nous laissons à tribord.
A 10h, nous mouillons au fond de la baie, à moins d’un mille de la Marina. Le temps s’éclaircit franchement pour saluer notre arrivée. Bilan 20h de traversée pour avaler 122 Mn. Donc 6,1 nœuds de moyenne. Il y a eu du stress pendant la nuit, à cause de la mer chaotique, et des grains qui ont rajouté du stress. Mais nous avons fait la bonne option de navigation. Nous avons très peu dormi mais nous nous récupèrerons.

LA MARTINIQUE.

Contrairement à l’image d’escale technique que nous nous faisions : huile et gasoil, pollution et chantiers sans charme, nous avons de bonnes 1ères impressions.
Nous sommes dans un écrin de verdure : la mangrove. Cela nous rappelle un peu Arzal … en plus chaud. Un havre de paix. Par contre, dans le guide la critique sur l’accueil un peu décevant du Marin sera confirmé : la marina ne peut nous recevoir, alors que nous voyons de la place. Et puis l’accueil est fait par des fonctionnaires et pas des commerçants.
Le Cul de Sac du Marin.
Une énorme baie, elle même faite de multiples baies intérieures. C’est un paysage de verdure fait principalement de mangrove.  Enormément de bateaux au mouillage, partout, jusqu’au bord des haut-fond de vase, qui sont nombreux.
C’est tout juste, s’ils ne mouillent pas dans les chenaux principaux. Et dans tous ces bateaux mouillés que de bizarreries flottantes ou coulées même, voyez les photos à l’appui. Tout cela donne une image forte et contrastée du Marin.
Dans la même baie la modernité côtoie la nature, les bateaux neufs les épaves, l’eau salée l’eau douce.
Je crois savoir que c’est le port le plus important non seulement de la Martinique, mais il arrive dans les premiers des petites Antilles, tant en capacité d’accueil qu’en équipement / infrastructure. D’ailleurs, si nous sommes montés sur la Martinique ce n’est pas par hasard. Tout ceci grâce au support de la Métropole (ne dites pas que vous venez de France : ici ils sont Français et fiers de l’être). La Martinique et la Guadeloupe sont les îles les plus développées des petites Antilles … avec ce que cela comporte d’avantages et d’inconvénients.
Ici nous retrouvons une offre large et pléthorique en shipchandler, mais aussi en niveau de vie. Bien sûr nous avons le bonheur de retrouver des produits alimentaires français.
Dans les exemples, il y a le beurre demi sel, le camembert, de la viande rouge. Pour nous les voyageurs, des conserves de légumes plus variées et des conserves de plats cuisinés qui n’existent plus dès que vous quitter la France : salé au lentilles, raviolis (Oui, ils sont difficile à trouver), choucroute et couscous. Et puis il y a le rhum, permettez moi d’insister sur ce sujet que je commence à maîtriser.
Les meilleurs rhums blancs sont Français ! Les raisons sont que
1) mes voisins vont m’étriper à mon retour si je dis le contraire.
2) cela a fait parti de l’éducation que m’ont donnée mes parents.
3) le procédé de fabrication qui fait les rhums agricoles, j’y reviendrai en parlant de la distillerie Clément … plus loin.

La Martinique une escale technique :
Nous avons des problèmes électriques qui font que nous avons besoin d’un technicien Mastervolt maîtrisant le bus ethernet qu’il y a dans Appaloosa. Je n’ai plus de tension suffisante alors que le pourcentage de batterie me dit que je suis bien. En fait un échange avec la société C-Dynamic qui a installé le réseau s’avèrera des plus fructueux. Toujours en électricité, j’ai différents problèmes : jauges de réservoir d’eau tribord défectueuse, une pompe de cale tribord qui ne s’arrête plus, plus de courant au ventilateur de Lucas.
Côté gréement, le bout dehors à refaire, et la soudure des poutres de trampoline.

Quelques achats aux shipchandlers du coin, et pour clôturer le tout, une liste de bricolage qui fait 2 pages. Je vous épargne la liste, elle va des occultant, aux  toilettes, des bouts (on ne dit pas corde dans la marine) à changer, en passant par des marches de mât et toute une série d’améliorations, etc. … Bref du 4 janvier au 18 janvier, cela fera le principal de nos  occupations. Pour les métropolitains que vous êtes, c’est comme chez vous mais en plus long, plus compliqué, mais sous les tropiques. Trouver la bonne personne / adresse, voir s’il peut faire tout ou parti de nos travaux, arrêter le prix, négocier le délai, mettre le tout en musique et ... Revenir régulièrement, avec gentillesse, avec le sourire qu’ils vous donnent souvent, mais montrer que l’on est là, déterminé et qu’il ne faut pas trop déborder du délai (rien n’arrive à l’heure sous les tropiques).  
Rien ne sert de s’énerver, comme chez nous, cela ne résout que rarement les problèmes, et ici si vous les faîtes ch…  Ils préfèrent vous envoyer balader et ne plus avoir de travail momentanément que de vous servir. De toute façon il fait tellement chaud ici que vous même devenez moins vindicatifs, bref vous vous Antillinisez. Et si c’était un peu de ce que nous sommes venus chercher ?

La Martinique, une escale plaisir.
Comment ne pas visiter une si belle île. Découverte par Christophe Colomb en 1502, son nom viendrait des Indiens Caraïbes « Madinina » qui signifie « L’ile aux Fleurs ».
L’île fut tour à tour Française, Anglaise et Hollandaise. Il fallut attendre le traité de Paris de 1763 pour que la Martinique re devienne Française. Nous avons récupéré la Martinique non sans compensation. Nous y avons laissé « quelques arpents de neige » qui s’appellent le Canada. Je ne sais pas si nous avons bien fait ! ?
L’île redevient Anglaise en 1794, car la Révolution faisait peur aux propriétaires Martiniquais. C’est notre petit Napoléon qui récupère l’île en 1802, il y rétablit une honte : l’esclavage. Elle re devient encore anglaise, et c’est le traité de 1814 qui la fait devenir définitivement Française. Ouf !

La distillerie Clément a été notre première visite. Nous avons choisi celle là, non seulement parce qu’elle nous plait, mais surtout elle bénéficie d’un parc tropical et d’un guide audio. Et d’après les locaux, c’est la plus complète et la plus ludique des visites de distillerie. Nous vous le confirmons. D’abord, le parc est de toute beauté, jamais nous n’avons vu autant d’espèces de palmiers différents. Le Palmier de Bismarck d’un ton vert bleu est très élégant. Le cocotier royal le plus grand et le plus élancé qui vous toise de ces 20 parfois 30 m. Il en existe des surprenants, par exemple celui qui met 20 à 40 ans avant d’arrivée à maturité, puis il fait une floraison unique qui dure plus d’un an et meurt. La distillerie comporte aussi l’ancienne usine qui a été entièrement ré habilité en centre de visite pour comprendre le processus de fabrication du rhum. Tout au long du parcours s’égrènent des photos avec les employés qui ont contribué à l’histoire de Clément, habitation de l’acajou. Bel hommage rendu. Non vraiment la visite était très bien. Alors au fait pourquoi que c’est nous qu’avons les ‘hum dis donc ? D’abord l’origine en revient au Père Labat (Marie Galante -  Guadeloupe) qui a consigné par écrit les processus de fabrication du rhum, qui a plus aux marins parce qu’il se conservait mieux que les vins et autres alcools. Par la suite Mr Clément avec d’autres a voulu élever la qualité du rhum. Ils ont construit et perfectionné les distilleries en partant directement de la canne. Les autres rhums – non agricole – sont fait à partir des produits de la canne à sucre : par ex le sucre ou la mélasse. Le fait de maîtriser le processus de distillation depuis la production de la canne jusqu’au rhum avec au sommet le rhum vieux permettait de faire le meilleur. Aujourd’hui la distillerie Clément a investit dans un nouveau chais pour faire vieillir le rhum. Il est le plus gros importateur de la Martinique et la qualité reste là ! Allez je finis par un peu de poésie. Lors de la maturation des rhums vieux en barrique (200 litres ici), le liquide perd 1 point de volume par an. Il s’agit de l’évaporation, voir de légers suintements. Vous avez compris une des raisons pourquoi plus le rhum est vieux, plus il devient cher. Cette part perdue s’appelle la « part des anges. »

Lors de la 2 ème journée, nous avons sillonné l’intérieur vers le Nord. Nous avons bien aimé, c’est vert partout et abrupt. La végétation tropicale omniprésente qui s’accroche partout. Quand il y a du soleil, de la chaleur et de la pluie, tout pousse. Nous avons déjeuné au bord d’une rivière charmante sous les fougères arborescentes. Les enfants ont vu pour de vrai, des lianes, mais pas de tarzan. Après ce pique nique, j’ai escaladé plus que marché sur le sentier proche. Cela a été une vraie sensation de jungle qui m’a frappé : un atmosphère humide, un sol boueux, par contre peu de bruit des animaux. Nous avons clôturé cette journée par la cascade du saut de Gendarme. Une très belle cascade de 20 mètres de dénivelé, mais seuls, les 6 derniers mètres étaient visibles : la chute. Là encore nous garderons de belles images, mais aussi des sons : le chuintement de l’eau qui coule en contrebas est toujours apaisant, et la contraste avec le vacarme de la chute. Seul le capitaine a eu le courage de se baigner. Et pourtant elle devait être entre 24 et 26°C, mais quand vous vous baignez dans une mer à 30°C. Et bien, cela refroidit les ardeurs de certain(e) s. Ne les blâmer pas vous n’auriez pas eu plus de courage si cela se trouve après un mois d’Antilles. Quoiqu’il en soit des paquets d’eau qui vous tombent dessus depuis 5 à 6 mètres vous fond un massage puissant.


Les anses d’Arlets

Le weekend qui a suivi, nous sommes allés sur les conseils de bateaux copains, aux anses d’Arlets. Des bateaux copains que nous avions rencontrés pour le premier à la Corogne (reine de Saba qui carénait au chantier) et le second rencontré lui à Lisbonne.
De plus, jack et Daniel, du catamaran Hestia, nous ont confirmé qu’aux anses d’arlets, nous pouvons voir des tortues à chaque fois.
Banco, nous y allons, une petite navigation de 3 H00 et hop nous y voilà et effectivement, nous n’étions pas encore amarrés à la bouée, que nous en voyons une prendre sa respiration à la surface.
Grande anse est parsemée de bouées pour les voiliers et le mouillage sera interdit le mois suivant.
Les tortues, c’est la marque de fabrique des anses d’Arlets, si vous êtes un minimum patient, vous en voyez toujours une, prendre sa respiration à la surface, avec sa petite tête qui dépasse. Du coup, le lendemain matin, opération palmes, masques, tuba pour aller les voir de plus prés.
Et nous ne sommes pas déçus, elles sont là, tranquilles, au fond de l’eau, à brouter le fond d’algues et elles remontent de temps en temps, à la surface. Mais, dés qu’on essaie de les rattraper, alors là, elles accélèrent et zou, elles nous laissent sur place.
Nous en profitons pour les filmer et les photographier et Valérie étrenne son appareil photo sous marin dont elle est très satisfaite.
Les tortues nous plaisent tellement que nous décidons de rester un jour de plus à Grande anse.
Mardi 22 janvier , retour au Marin , le chantier a terminé la fabrication du nouveau bout dehors , il est temps de le remonter , les dernières pièces commandées au ship arrivent jeudi , plus qu’à faire l’avitaillement et direction Sainte Lucie pour faire le plein des bouteilles de gaz .
Ensuite, à nous le Venezuela et ses iles, les iles de Los Roques et de Los Avès ou nous prévoyons de passer 2 à 3 semaines.

Toutes les photos ici

Lu 12623 fois Dernière modification le Mardi, 13 Août 2013 18:08

6 Commentaires

  • Lien vers le commentaire Nicolas Jeudi, 21 Février 2013 18:44 Posté par Nicolas

    Merci pour les nouvelles.
    Ca me fait une impression bizarre de vous savoir la-bas alors que nous sommes en Hongrie pour les vacances avec Barbara. D'autant plus que la Martinique et les Grenadines étaient notre voyage de Noces (en catamaran en plus). Nous avons aussi visité l'habitation Clément et le nord... j'ai eu l'impression d'y retourner.

    La bise a tous

  • Lien vers le commentaire HC Lundi, 11 Février 2013 17:44 Posté par HC

    Merci pour le ptit message reçu aujourd'hui ...magique ...H&C

  • Lien vers le commentaire hervé  Catherine Mardi, 05 Février 2013 15:42 Posté par hervé Catherine

    Hello Vous tous ! super contents de vous lire de nouveau ! bande de pirates ...vous nous faites bien plaisir !
    Bizzzz de notre bretagne ... Hervé & Catherine

  • Lien vers le commentaire daburon Dimanche, 03 Février 2013 17:05 Posté par daburon

    quel plaisir de lire votre périple, de plus Le Marin, Los Roques, Mayreau cela nous parle, nous y étions en novembre,
    très bon souvenir. Aruba, Curacao, Bonaire, magnifique aussi,la mer turquoise les dauphins et les pélicans. Nous n'avons pas vu les torties mais vos photos nous font réver. Bisous à vous BABETH

  • Lien vers le commentaire Jean-Michel Mercredi, 30 Janvier 2013 15:31 Posté par Jean-Michel

    bravo pour ce billet où l'on vous retrouve avec un extraordinaire plaisir
    merci pour ces instants que vous nous faites partager

    Vu sur le net un beau film sur un dauphin qui vient chercher du secours auprès de plongeur... et comme nous adorons ces magnifiques compagnons....
    http://www.huffingtonpost.fr/2013/01/30/video-plongeur-sauve-dauphin-demandait-aide-hamecon_n_2579553.html?icid=maing-grid7%7Cfrance-ws%7Cdl2%7Csec1_lnk3%26pLid%3D150234

  • Lien vers le commentaire cravic bruno Samedi, 26 Janvier 2013 21:49 Posté par cravic bruno

    Nous sommes heureux d'avoir de vos nouvelles avec ce billet plein de soleil, d'odeur de rhum , et des photos sympa, avec une mention spéciale pour le images sous marines.
    bon vent.

    Ps: Lucas,il faut ajouter le barracuda à ta liste des prises .

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