Mardi, 05 Mai 2015 09:55

Billet 44 - La Nouvelle Zélande partie 1 : De Whangarei à Gulf Harbour

Appaloosa Billet N° 44

La Nouvelle Zélande partie 1 : De Whangarei à Gulf Harbour

Environ 36 heures de voyages, un demi tour de terre, ça vous assomme ! Qui a dit que les voyages forment la jeunesse ? (Oui, je sais ce n’est pas dans cet esprit là). C’est avec un certain plaisir que nous retrouvons notre cher bateau au « Town Basin » de Whangarei ce mardi 20 janvier. Whangarei c’est comme si vous étiez à Saint Nazaire et à Arzal ! Imaginez une marina agencée au cœur du bassin de Saint Nazaire (50.000 habitants ici aussi), avec toutes les commodités à portée de main. Et en plus, vous êtes sur une rivière, entourée de collines comme sur la Vilaine. Vraiment, c’est un superbe endroit où il fait bon vivre. Aire de jeux gigantesques, sentier aménagé le long des berges, et tout cela au cœur de ville.

Et comme c’est la fin du voyage, nous commençons un peu à nous sédentariser. Nous achetons 2 vélos tous chemins avec 18 vitesses et béquilles. Et nous achetons aussi un four à micro ondes. Tout ça pour pas cher. Alors il est vrai que la Chine est plus près de la Nouvelle Zélande que de la France, mais ce n’est pas tout. C’est surtout que ces 2 pays ont conclu un accord de libre échange entre eux. Du coup, on dit ici « God created the world, the nature and the human being … all the rest come from China » ! (Dieu à créé le  monde, la nature et les hommes … tout le reste vient de Chine !)
En 3 jours nous ré armons notre destrier : récupération de la Grand Voile qui avait lâché en dessous du 1er ris, enlèvement de notre superbe décoration de Noël , et nous nous confrontons vite à un problème de manque de place. C’est bien simple, nous réutilisons les sacs sous vide pour gagner de la place dans les placards ! Les guirlandes et le sapin finissent coincés contre le chauffage réversible.

Samedi 24, après avoir récupéré in extremis une nouvelle bouteille de gaz en aluminium, nous pouvons larguer les amarres. Drôle de sentiment de re naviguer à nouveau. Mais cela se fait dans de superbes conditions : beau temps, peu de vent, et nous descendons la rivière sur 11 Miles Nautiques avant de regagner la mer dans la « Bream bay ». Cap au Sud. Qu’il est bon de voir notre monture glisser sur l’eau, le vent gonflant ses voiles. Il n’y a plus de moteur, seul le chuintement de l’eau sur la coque et le grincement familier des poulies. Le bon petit vent qui nous aidait finit par tomber et c’est sous moteur que nous arrivons au mouillage prévu « Goat island ». Il est 19 heures, comme c’est l’été, il fera jour encore une bonne heure. Un peu de monde sur la plage, nous sommes les seuls à ce mouillage. Il s’agit d’une réserve marine, on peut se balader sur l’île, nager, bref la seule interdiction est de pêcher. Une légère houle s’amortissant va nous bercer. C’est un joli décor de collines verdoyantes d’un côté et de falaise brune qui se côtoient. Le dimanche, le programme c’est … rien et nous le faisons plutôt bien ! Je ne résiste pas à me baigner, mais avec mon shorty, trop habitué au mer chaude. Cela se passe bien. Sous l’eau et pour la première fois depuis … je ne sais plus, enfin bref il y a des algues, plein d’algues. Je veux dire de vraies longues algues brunes qui ondulent en chevelure au rythme des vagues. Il y a de la faune aussi quelques « snappers » (famille des dorades) et surtout des Trevally (famille des Carangues) ». Ces dernières sont brunes et avec des petites tâches bleues très brillantes. Etant peu farouches, elles s’approchent à quelques centimètres de moi. Il y en a même une qui m’escorte pendant ma balade. Je l’appelle Julie allez savoir pourquoi ?

Ce dimanche, veille de jours fériés en Nouvelle Zélande, et en période de grandes vacances, la plage se remplit de monde, de glacières, de tentes, de canots. Beaucoup équipés de palmes, masques et tuba : le site est réputé pour le « snorkeling » (plongée libre et ballade aquatique), comme m’avait prévenu Brian le chef du port de Whangarei. A midi, la plage est bondée, on se croirait à la Baule (les immeubles en moins) Incroyable pour un pays avec si peu d’habitants et tant de côte !
Lundi matin, nous sortons de notre mouillage pour gagner Gulf Harbour à une trentaine de miles. Ce n’est plus la même limonade, des 10/12 nœuds annoncés, nous en touchons 10 de plus dès la sortie. Après le passage du cap, nous hissons les voiles avec 2 ris, un seul aurait suffit par la suite, mais bon. Tout le monde est malade, et seul je n’ai pas le courage de me lancer dans une manœuvre un peu complexe et longue pour larguer le ris. Plus nous descendons vers le Sud, plus le vent faiblit, mais la mer qui s’est formée entre les îles et la côte, reste courte, et hachée. Mais avec l’arrondissement du cap vers le Sud Sud Ouest, cela devient un plaisir pour le capitaine toujours, le reste de l’équipage étant porté disparu entre les méandres des couettes. Mais certains commencent à re faire surface, signe que les conditions de navigation s’améliorent.

Et puis cher public, (s’il en reste), nous arrivons à un moment crucial. Un moment qui fait rêver beaucoup de marins. Nous entrons dans le Golf de Hauraki. Bon le nom connu de tous n’est pas le nom Maori mais plutôt celui ci : la Baie d’Auckland. Oui la baie mythique, la baie qui certifie toute une nation de « voileux », de navigateurs,  de bouffeurs d’écoute. Passé « Kawau island », la mer se calme, abritée par la Péninsule du Coromandel (prochaine étape). Pour moi cela fait partie des baies, des ports dont je suis particulièrement content, et même fier d’y faire mon entrée par la mer bien sur. Je voudrais aussi inscrire Sydney, San Francisco, New York. Bon j’arrête là mes rêveries, sinon mon moteur de recherche va s’emballer.

Au fur et à mesure que le vent tombe, que le cap va vers l’Ouest (et donc l’allure de navigation devient plus agréable, l’équipage se manifeste. Je prépare à la hâte une soupe de mon ami lyophilisé et il n’en faut pas plus avec un bout de fromage sur du pain, et un coup de gwin ru (vin rouge pour les non bretons) pour faire un équipage heureux.  Que de bateaux dans la baie; des voiliers « pépères », des moteurs, des petits, des voiliers de course, tout  cela confirme bien que ce pays est celui qui dispose du plus grand nombre de bateau par habitant. Le soleil s’est fait une place, et une fois encore c’est avec le moteur que nous finissons notre route sur Gulf Harbour. Nous découvrons une grande marina, des bateaux bien alignés, et sur la Vhf, le service du port nous dit que notre place a changé, ce sera au pied du travelift qui nous sortira demain. Amabilité habituelle du Pacifique, on nous escorte, on nous dit avec sourire ou cela se passe pour les formalités, pour les douches, etc. pas moins de 3 personnes viennent pour nous aider à nous amarrer. Encore un nouvel endroit à visiter. J’ouvre grand les yeux. C’est un moment privilégier pour rester jeune, car comme le disait le général Mac Arthur (USA) :

« Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille.
Il demande, comme l'enfant insatiable : Et après ?
Il défie les événements et trouve de la joie au jeu de la vie.
Vous êtes aussi jeune que votre foi.
Aussi vieux que votre doute. »

A bientôt pour le carénage. Ouais, cela ne paraît pas passionnant comme épisode ! Mais qui sait ?

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Dernière modification le Mardi, 05 Mai 2015 10:24

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