BILLET N°42 : Les iles Fidji.

BILLET N°42    : Les iles Fidji.
Valérie

Bula, ou bonjour en fidjien, ici, le Bula s’échappe de chaque sourire,  un rire qui jaillit à chaque rencontre. L’échange est facile avec tout un chacun, une impression de simplicité qui donne à croire que le bonheur est là, à portée de main. Ici, la musique résonne simplement, comme une douce harmonie entre la nature et les habitants. Ici, la vie n’a pas de prix et le temps est extensible, si si, ça fait 2 mois qu’on est ici et on a l’impression d’y être depuis bien plus longtemps. De façon plus terre à terre, les iles Fidji sont situées au sud ouest du plus grand océan de la planète, un petit point au milieu des 180 000 000 km2 de l’Océan Pacifique. Plus exactement, elles se trouvent au sud de l’équateur et au nord du tropique du Capricorne .On y compte environ 330 iles, dont un tiers est inhabité, et 540 ilots et atolls. Autant vous dire tout de suite que nous n’avons pas tout visité, loin de là. Nous avions laissé Appaloosa en bonne garde à Port Denarau, et nous le retrouvons mi septembre, en parfait état, après 3 mois de ballades terriennes passé à arpenter les Etats Unis (un petit bout) et la France. Nous retrouvons donc le calme d’Appaloosa, nous en avions bien besoin après le tumulte de la vie française. Nous arrivons de nuit à Denarau, transfert des bagages sur l’annexe, plusieurs aller retour … nous sommes dans le bain tout de suite.

Objectif : avitailler pour être prêt pour l’arrivée de mamie Jacqueline dans une semaine. Les enfants reprennent le rythme du CNED à bord et moi aussi. Nous récupérons mamie après plus de 30 heures de vol via Sydney et Abou Dabi, elle ne s’est pas perdue en route, elle a obtenu son diplôme de « mamie voyageuse no English ». On ne lui laisse pas le temps de dire ouf et zou nous partons dès le lendemain sur Malolo Island pour le « lieu dit » Musket Cove. Trois heures de navigation, une petite mise en jambe, d’autant que nous sommes dans le lagon, donc tranquille. Nous jetons l’ancre dans une petite baie et y passons la nuit, mais dès le lendemain, nous devons bouger, le vent a tourné et le mouillage devient très inconfortable, direction, par le tour de l’île, des corps morts de Musket Cove ou nous retrouvons  « MOANA », un bateau copain. Nous tombons bien, le soir même, les voiliers se réunissent autour d’un repas pour papoter, l’occasion de faire connaissance. L’endroit est idyllique : un bar avec grande plancha de barbecue et table de bois, le tout sur une presqu’île toute petite toute mignonne.
Lucas fait connaissance d’un copain de son âge, Loïc, qui est en 1ere S au CNED comme lui. Les enfants se retrouvent donc après le CNED, en cours d’après midi, pour aller sur les toboggans aquatiques de Musket Cove. Nous sommes content pour notre fils : c’est la première fois en plus de 2 ans que nous trouvons quelqu’un de son âge et qui fait le CNED et dans la même filière. Et comme nous nous sommes installés au quai de la marina, chacun descend comme il veut, quand il veut, y compris mamie Jacqueline qui part à l’assaut de l’ile pour trouver de l’artisanat, et acheter des glaces aussi, son dico d’anglais sous le bras. Malolo Island est un endroit très sympathique pour les voiliers ou on peut profiter  des commodités du resort en place, bref un peu de confort terrestre. Nous voudrions aller sur l’archipel des Yasawas, sauf que… le temps n’est pas de la partie, du vent, de la pluie et du vent puis de la pluie. Les enfants sont ravis, ils profitent des copains, des toboggans et des glaces. L’équipage de « Baie du Monde », François et Johanna nous rejoignent, on ne les a pas vu depuis Rangiroa, il y a 6 mois, nous avons plein de trucs à se raconter …Nous sommes ravis de les retrouver.
La saison cyclonique approche, elle démarre le 1 er novembre, et les voiliers s’en vont par petits paquets vers la Nouvelle Zélande surtout et parfois vers l’Australie via la Nouvelle Calédonie, parfois. Tout cela est rythmé par les fenêtres météo qui s’ouvrent ou se referment pour descendre plein sud vers la Nouvelle Zélande. C’est particulier car il s’agira de quitter la zone des Alizées et traverser une partie des systèmes dépressionnaires de l’hémisphère Sud. Ce n’est pas forcément une partie de plaisir paraît-il. Le temps se calmant , nous bougeons sur l’ile de Monoriki, plus au nord, l’ile ou « Seul au monde » a été tourné , nous passons la nuit au mouillage sur l’ile en face, une nuit agitée pour les parents, vent à 25 nœud, mouillage moyen, nous n’avons dormi que d’un œil. Le lendemain, nous nous installons dans la baie de Castaway – le nom anglais pour « Seul au monde », pour la journée. Mouillage profond , très prés du bord , pas cool , nous ne resterons pas la nuit ici , d’autant que le vent est encore à 25 / 30 noeuds . Nous ne croyons pas si bien dire, au cours du repas, l’alarme de mouillage se met en route, on dérape, et on dérape vite, le temps de remettre les moteurs en route et je stabilise Appaloosa. Yann me dit de tenter de remouiller l’ancre, on essaie, rien à faire, on ne croche plus, on doit changer de mouillage. Sauf que l’annexe est toujours derrière le bateau, on doit tout remonter, en premier le moteur puis l’annexe, Yann et Lucas s’y colle, c’est sport, on a l’habitude, l’équipage est rodé.
Direction, Mana, 2 heures plus tard, face au vent, au moteur, mamie est barbouillée, logique. L’arrivée en fin de journée, on mouille au calme, enfin, ça fait du bien. On y reste la nuit, le lendemain, petit tour à terre, encore un resort, la plage est superbe. Yann et moi, nous nous offrons un café en terrasse avec vue sur Appaloosa, rien à changer, c’est reposant.
L’après midi, c’est au tour des filles de faire un tour à la plage, Lucas reste à bord pour finir le CNED de la journée. Je suis à mes occupations quand je trouve qu’on bouge plus, je regarde à l’extérieur, le vent a tourné,  la mer se lève, des creux se forment, zut, il faut encore bouger.
Je siffle Yann et les filles sur la plage pour qu’ils reviennent, il ne faut pas trainer. Ils me voient faire des signes et reviennent face aux vagues, mamie se fait tremper, ha ! La vie d’aventurière !
Rebelote, on bouge pour aller de l’autre coté de l’ile, dans le lagon, par la passe de Mana, passe qu’on a déjà prise une fois pour faire notre trace, exprès pour les occasions comme celle là ou la visibilité des récifs est nulle face au soleil. Nous nous en félicitons ! La fin du séjour de mamie Jacqueline approche, nous retournons sur Port Denarau, nous en profitons pour visiter un peu les alentours de Nadi, dont le Garden of sleeping giants, parc d’orchidées très reposant, magnifique.  Il est difficile d’imaginer que la nature ait fait tant de variété d’orchidées différentes. Les iles Fidji sont peuplés de beaucoup d’indiens (2ème ethnie), et justement une fête indienne approche, c’est Diwali, elle dure 5 jours, c’est la fête de la lumière, de toutes les lumières, feu d’artifice, bougies, lampions, … tout, pendant 5 jours, tout la baie de Nadi va s’illuminer tous les soirs de feux d’artifice, pas moins d’une vingtaine parfois ! Incroyable, nous n’avons jamais vu autant de feu d’artifice en même temps, même si ce sont des petits feux, voir des feux individuels, cela n’en reste pas moins spectaculaire.
Les indiens se parent de leurs plus beaux atouts à cette occasion, les caissières des supermarchés, de chaque officine, bureaux sont magnifiques, toutes maquillées et vêtues de leurs plus belles tenues. Il faut le voir pour ressentir cela. « Baie du Monde » nous appelle pour nous signaler un mouillage superbe et nous invite à les rejoindre, ce qu’on fait, en effet, Navadra est magnifique, on mouille par 21 mètres, du coup on met le câblot, c’est une première pour nous, mais les fonds sont surs, c’est du sable. Les équipages des 2 voiliers se retrouvent à terre pour pique-niquer et organiser une course de ….Bernard l’Hermite, c’est Katell qui gagne, son Bernard l’Hermite devait être dopé, mais pas au Nutella, il n’y en a plus! La plongée y est aussi superbe , d’ailleurs Katell découvre les fonds marins par 9 m pendant 30 min au cours d’une plongée avec François de « Baie du Monde », merci d’avoir jouer le prof pour Katell.

Mamie étant partie, nous allons commencer à surveiller les fenêtres météo nous aussi. Mais les pièces du générateur qui est en panne, ne sont pas arrivées d’Allemagne, nous les récupérons à Port Denarau. L’équipe de Baobab marine le démonte le lendemain pour l’emmener sur Vuda Marina. Nous décidons donc d’aller sur Vuda qu’on ne connaît pas, à peine 2 heures de navigation pour s’y rendre, en ayant pris soin de réserver. Appaloosa s’installe au quai, le coin est très agréable, très protégé. Yann passe tout le lundi avec les gars de chez Baobab à démonter le générateur. Il m’informe des avancées régulièrement par SMS, et bonne nouvelle, le lundi soir, il démarre.… à l’atelier. La dessus, une fenêtre météo pour la Nouvelle Zélande se confirme, il va falloir faire fissa ! Remontage prévue le mardi, clearance de sortie le mercredi, et hop on part. Tout ça, c’est sur le papier, hein comme on le sait en théorie tout se passe bien, et ben nous sommes mardi soir, le générateur est remonté, mais il ne veut pas démarrer sur Appaloosa, Bord………En même temps que j’écris ce billet, j’entends les toussotements de « pas démarrage » de Môssieur générateur qui boude, je croise les doigts, mais ça marche pas, purée c’est quoi la formule magique dans ces cas là ? On reste zen, il n’y a que ça à faire de toute façon, demain les gars reviennent, il y aura peut être un miracle, en tout cas, on partira, générateur ou pas. Les courses sont faites pour la traversée, les douanes de Nouvelle Zélande sont prévenues de notre arrivée et une place nous attend à Whangarei. Le générateur sera t-il réparé ? Est ce qu’on aura coulé en route ? Est ce qu’on aura retrouvé du Nutella ? (Ben oui c’est important, c’est pour les enfants)(Ils ont des moins bonnes notes au CNED sinon).
Pour le savoir, suivez le prochain épisode des aventures des Appaloosa sur les mers.

Toutes les photos ici

Dernière modification le Mardi, 04 Novembre 2014 12:06

2 Commentaires

  • bruno
    bruno Mardi, 11 Novembre 2014 23:20

    Bon vent pour cette nouvelle traversée, peut être pas la plus longue,mais une nav. vers une nouvelle "aventure"

    Bruno

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  • Michel nelly
    Michel nelly Mardi, 11 Novembre 2014 05:34

    Au prochain épisode alors !!!

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