Billet n°41 : Rarotonga, les Iles Cook et Niue

Billet n°41 : Rarotonga, les Iles Cook et Niue.
Valérie

Il est des choses qui n’attendent pas. Voilà une leçon à retenir quand on écrit. Nous en payons les pots cassés aujourd’hui et par voie de conséquence vous subissez vous aussi les désagréments. Il faut toujours écrire à chaud ce que nous vivons, cela n’exclut pas d’y revenir après, de corriger les tournures de phrases, de compléter par quelques détails. Quand nous écrivons dans les semaines qui ont suivi ce que nous avons vécu, nous avons des souvenirs vivaces, précis de nos pérégrinations, de nos visites, de nos mésaventures, des coups du sort, et de tous ces petits bonheurs qui font que déjà, quand nous relisons nos « vieux » billets nous nous disons « Ah oui, c’est vrai … j’avais déjà oublier ce détail là »… et du coup d’autres moments reviennent. Donc nous quémandons votre indulgence pour ce billet non seulement tardif, mais forcément moins abouti que les précédents.

Le départ de Bora Bora est plutôt musclé par 25 nœuds de vent en sortie de lagon, puis régulièrement 27 à 30 nœuds. Nous sommes sortis avec un ris et très vite, nous prenons le second. L’opération se passe rondement, Yann en pied de mat et moi à la barre et au piano. La mer est démontée comme rarement nous en avons vue depuis le début du voyage. Ce n’est pas tellement la hauteur des vagues mais plutôt l’aspect chaotique de l’océan. Des creux de 2 mètres qui passent parfois à 4 mètres quand ils se chevauchent ! En fait, il y a une double houle dans le même sens. Quand les 2 vagues, qui ne vont pas à la même vitesse, entre en synchronisation, cela fait 4 mètres de haut et très soudainement. Mais Appaloosa trace, on le sent bien dans son assise, il se comporte bien dans les vagues et Haddock, le pilote automatique, ne décroche pas. Nous remercions une fois de plus la solidité d’Appaloosa, car ça tape fort, même très fort parfois. Les vagues déferlent, l’avant du bateau n’est pas épargné, elles montent régulièrement sur le pont dans un bruit assourdissant. Avec Lucas, je suis au poste de barre, en regardant tout ça, nous avons mis en place les tauds sur les cotés, cela nous protège du vent et des  embruns. Puis d’un coup, une vague plus vicieuse que les autres se casse sur l’avant d’Appaloosa et déferle sur tout le bateau, roof compris (chose extrêmement rare), tout le bateau est recouvert dans un gigantesque vomissement d’eau qui balaie tout sur son passage. Nous sommes au poste de barre et nous sommes littéralement aspergés par une sorte de gros karcher. A l’intérieur, Yann et les filles s’agitent, de l’eau est rentrée par 2 hublots, (et hop 50 litres dans le carré), pourtant ils étaient sur les clayettes … de l’eau de mer est tombée sur mon ordinateur (et depuis il marche beaucoup moins bien), le cockpit n’est pas épargné, il est trempé. Bon ben ça c’est fait ! Nous en aurons quelques autres ensuite qui monterons sur le toit, mais pas autant. Cela reste impressionnant, il faut juste que tout soit bien étanche et que rien ne traine sur le pont !
Résultat, après rinçage du carré, de Lucas et moi même, l’équipage se met en mode CBTJD (Ca Bouge Trop Je Dort). Pendant ce temps Appaloosa avance à plus de 7 nœuds.
Le lendemain, le vent est moins fort, un bon force 5, il fait beau mais la houle est toujours costaud, on a toujours la mer du vent de la veille. Donc les conditions s’améliorent mais nous espérons mieux. Et dire qu’à la fin c’est la pétole de prévu. Souvent mer varie !
A partir de maintenant nous vous la faisons plus courte : le 2 mai, on met 2 lignes à l’eau et au moment de la sieste (c’est l’heure magique on a remarqué), ça mord, une prise sur chaque ligne : on remonte un Mahi Mahi de 80 cm et un Wahou de 90 cm. Grande première pour ce 2ème poisson. Il est très fuselé et a de multiples petites dents très aiguisées. Heureusement, comme le préconisait le guide, nous avions un bas de ligne en acier (et non en nylon).
Le 3 mai, le vent faiblit, tout le monde est en forme. Par contre en fin d’après midi nous avons des orages. Nous ne les entendons pas (ll faut dire que le bruit du vent et de l’eau contre les coques couvrent pas mal de choses). La nuit, des éclairs zèbrent le ciel sur tribord, à la fin de mon quart, ils sont encore plus nombreux. Je crains toujours pour l’électronique. De plus des grains se succèdent, le vent monte pendant ceux ci, le ciel est toujours plombé. Yann et moi ne dormons que 4 heures par nuit sur les 2 dernières nuits suivantes. Nous n’aurons pas besoin de faire la démarche ultime : le débranchement des instruments. Vous savez quand il ne reste que le compas comme guide : cela fait pro mais l’inquiétude va avec. En fait Yann remarque que les éclairs restent dans les nuages, pas un seul ne semble percuter l’océan.
Finalement, nous arrivons sur Avatiu le dimanche matin. Nous avions pris soin, une fois de plus de réduire la voilure la veille pour ne pas arriver de nuit. Cependant, nous aurions pu, même si l’entrée est étroite, arriver de nuit. L’entrée est bien balisée et éclairée.  Un gars du port nous prend nos amarres, alors que nous avons mouillé l’ancre et que nous venons cul à quai. Ca y est nous sommes au calme.
Les formalités sont expédiées et on va se coucher !
Rarotonga fait partie des iles Cook, qui dépendent de la Nouvelle Zélande , ici on parle donc anglais, retour dans les pays Anglos saxons, ce qui ne nous déplait pas.
Les gens sont très accueillants (comme d’habitude) et un « take away » (nourriture à emporter pour les non anglophone) avec des « Fish & Chips », des hamburgers est en face du bateau pratiquement sur le quai, pratique. Ici, contrairement à la Polynésie Française, il y a des glaces, bonnes et pas chers, les enfants sont ravis. Par contre l’avitaillement se révèlera moins fourni et surtout ne sera plus au gout «Français ».
Nous avons prévu de rester 5 jours sur Rarotonga, l’ile est sympathique, on sent l’influence néozélandaise, particulièrement dans la nourriture (Ah des bières variées et autres que l’éternelle « Hinano » de Tahiti). Le port est tout petit, à quai, il ne peut y avoir que 4 ou 5 autres bateaux, pas plus.
Et l’espace central du port est réservé pour les manœuvres des gros cargos qui viennent.
Nous découvrons un resto indien succulent, les enfants re-découvrent de nouvelles saveurs. Pour la petite histoire, l’une des serveuses ou tenancières de l’Indien est arrivée il y a seulement 6 semaines d’Inde. Nous sympathisons d’autant plus que Katell avait rencontré cette personne alors qu’elle jouait à approcher les poussins le long du « Take away ». Nous envoyons aussi les avant dernières évaluations des enfants, plus que 2 à 3 semaines d’école. Yann court après quelques pièces mais sans grand succès, pas grave cela attendra les Fidji. Nous assistons aussi à l’arrivée et la manœuvre de 2 cargos. Et nous comprenons pourquoi il est interdit de mouiller dans le port. Toute la manœuvre se fait au ralentit avec l’assistance d’un remorqueur local. Quelle précision de l’homme qui est à la commande. Il ne lui reste pas beaucoup d’espace pour manœuvrer.

Nous repartons donc le vendredi pour Niue, avec quelques regrets. 5 jours de navigation nous attendent. Les 5 jours se passent très bien, la mer est peu agitée et le vent souffle dans le bon sens à la bonne vitesse, que demander de plus ! Nous marchons à plus de 6 noeuds de moyenne, la navigation est agréable comme sur des rails; l’arrivée est prévue de nuit vers 2 heures du matin, le guide nautique nous indique des corps morts avec des marques réfléchissantes, il n’y a pas de danger à l’approche, donc on y va … de nuit. Je réveille Lucas 15 min avant l’arrivée pour qu’il m’aide à la prise de corps mort, Yann étant à la barre. Lucas  à l’éclairage, moi à la gaffe, nous guidons Yann pour l’approche. La première chose qui nous titille, c’est l’odeur de l’île. Nous sentons la terre puis rapidement les fleurs. Un parfum entêtant très agréable. Nous en profitons d’autant plus que comme il fait nuit c’est un des sens qui est exacerbé. Les corps mort sont bien visibles, pas de bateau au mouillage, nous sommes les seuls, nickel ! On choisit l’emplacement que l’on veut. La prise de corps mort est très rapide, Yann n’en revient pas (ben oui ça n’a pas toujours été le cas, il y a eu quelques loupés fumeux, on raconte pas tout !).Une fois bien amarrés, tout le monde va au lit, il est à peu près 3 heures du matin.
Le lendemain, par mer calme, à l’abri, on appelle les autorités sur la VHF pour les formalités d’entrée. Ces dernières ont lieu sur le quai, assez rapides et simples, et dans la bonne humeur. Puis nous pouvons tous débarquer sur Niue, le plus petit état de la planète. Et oui une île Etat de 260 km2. (En comparaison la presqu’île Guérandaise fait 330 km2.) Presque 1.400 personnes y résident. Là aussi, la monnaie est le dollar néozélandais (ça tombe bien il nous en reste de Rarotonga), les gens, ici, sont très accueillants. Nous ne le disons pas assez, mais c’est presque une constante, depuis que nous avons quitté l’Europe.
La particularité du quai de Niue, c’est qu’il faut gruter l’annexe sur celui ci pour qu’elle ne se fracasse pas sur les rochers, les enfants ont hâte de la manœuvre, surtout Lucas qui adore tous les machins mécaniques.
Nous décidons de réserver une voiture pour le weekend, afin de faire le tour de l’ile.
En se baladant, nous remarquons un catamaran installé dans un jardin. Après discussions, nous apprenons qu’il appartient à un couple de français et de leurs 2 enfants qui le retapent. En effet, le catamaran a été drossé sur le récif, il y a quelques mois. La dizaine de Norvégiens qui étaient à bord sont rentrés chez eux.
L’assurance avait calculé qu’il y avait plus cher à rapatrier le bateau en Nouvelle Zélande par cargo pour le réparer, que le prix de cotation. Résultat notre couple de Français l’a racheté aux enchères.  Ils attendent un ami en catamaran qui remonte de Nouvelle Zélande pour les aider, d’ailleurs il ne devrait plus tarder. Nous avons l’occasion ainsi de visiter un Bahia 46 de Fountaine-Pajot désossé à l’intérieur.
Autre lieu qui vaut le détour : « Le plus grand des petits yachts Club » ainsi se nomme-t-il lui même le Niue Yacht Club. Notez que les initiales ainsi frappées sur le fanion font classe. Je ne connais pas New York, de renommée internationale, alors que je connais vraiment ce NYC. La gérante originaire de Nouvelle Zélande est Maori, elle nous recevra comme sa famille. Elle nous conseille, nous renseigne. La décoration de club est pittoresque. Il y a de forts beaux ouvrages à disposition, de toutes nationalités. Et il y a comme une ambiance hors du temps comme au Club Nautique de Dakar. Bref nous avons beaucoup aimé.
Mais ici, dans ce plus petit Etat du Monde, il faut savoir que le mouillage peut devenir inconfortable, voir intenable quand le vent passe à l’ouest. Et cela arrive régulièrement lors de passage de front plus au Sud. Et les amarres peuvent lâcher ou le corps mort casser.
Entre temps, les premiers voiliers de la course de L’ARC arrivent et en une nuit, nous passons de 3 bateaux à 14 bateaux au mouillage ! Il y a aussi un bateau français avec pour capitaine, un Béarnais et comme équipier un Québécois (dit le caribou !), ainsi que   le fameux cata qui est remonté de Nouvelle Zélande pour aider dans la réfection du Bahia.
Un matin, au mouillage, nous entendons quelqu’un crier, nous sortons et voyons le voilier franco-québécois, à coté de nous, se rapprocher des récifs, son amarre a du lâcher.  Le capitaine du cata l’appelle pour le prévenir. Finalement, ils entendent, sortent, allument les moteurs et se sortent de là à quelques mètres des récifs …c’était vraiment moins une !
Sauf que … Yann prend la météo et il est prévu un front dépressionnaire plus au Sud, qui devrait nous amener du vent d’ouest …pas fort dès le samedi. Il faut que l’on vous précise que la baie est largement ouverte du Nord Nord Est au Sud Sud Est. Bon, réflexion faite avec Yann, on décide de surveiller l’évolution de la météo et de décaler le tour de l’ile en voiture si besoin. Reprise de météo le lendemain : le vent d’Ouest démarre toujours samedi mais est annoncé plus fort et plus longtemps. Samedi, nous descendons à terre, et déjà au moment de remonter sur Appaloosa, c’est de la gymnastique synchronisée.
Dimanche, c’est franchement plus agité, le vent est à 10 /15 noeuds, aux jumelles, j’observe le quai qui se fait régulièrement claquer par les vagues, Yann va voir avec l’annexe (il est têtu mon breton !), il revient 3 minutes après, le débarquement est trop difficile, les vagues passent par dessus le quai et tous les bateaux dansent ! Et nous allons être bloqués jusqu’à lundi nous pensons au début, mais ce sera mardi, l’anticyclone faisant du léger surplace et bloquant la dépression. C’est 3 jours à faire du rock en roll au corps mort. C’est de la navigation désagréable et surplace. Nous allons régulièrement vérifier ce dernier en plongée, les amarres sont doublées et la nuit, avec Yann, en plus de l’alarme de mouillage, nous ne dormons que d’un œil , 3 jours parfois pire qu’en certaine navigation par l’état de la mer. De plus, nous sommes proches des récifs (100 mètres maxi) et si quelque chose lâche, le temps de réagir, nous serons vite dessus, à rajouter à cela, les vagues  sont de travers et nous nous prenons des coups de rappel violents,  le vent monte à 30 noeuds en rafales, 25 établi, bref c’est l’enfer ! Tous les bateaux sont à la même enseigne, on en prend tous pour notre grade.
Le mardi, enfin, cela se calme et chacun son tour, on tente une sortie à terre.
Mais pour notre tour de l’ile, c’est fichu, à force de décaler, nous finissons par annuler. Nous devons partir pour Suva le lendemain.

Evidemment, nous finissons tous (les français de Niue, le québécois et nous), le soir autour d’une bière à papoter et à partager nos expériences, nos vécus, toujours passionnants. Et nous finissons au petit resto indien à côté. Cette soirée à terre après 3 jours des plus désagréables est très appréciée.


Mercredi, le lendemain, nous prenons la mer pour le dernier tronçon jusqu’au Fiji ; la baie de Suva plus précisément sur l’île de Viti Levu. C’est le plus long tronçon, presque 700 Mn. Le départ de Niue, lui se fait par beau temps et presque pétole. Il y a comme un goût amer en bouche, des regrets de ne pas  avoir pu profiter de l’île. Une fois de plus, ce sont les billets d’avion qui nous obligent à tenir le calendrier.

Le Capitaine  a choisi la route la plus directe. Mais sur le trajet, nous devons passer par l’archipel des Tonga. Il a mauvaise réputation : beaucoup d’îles de toute taille, très peu de feux ou d’amers (bouées, perches ou autres), et je ne parle pas de la nuit. Pour aggraver la situation nous sommes en période de nouvelle lune !  Il y a 2 passages à négocier, l’un  dans l’archipel Est et l’autre dans celui de l’Ouest. Pour schématiser les 2 archipel sont orientés Nord – Sud et relativement parallèles l’un par rapport à l’autre. Donc il y a un plan B pour le 2ème archipel, si nous n’avons pas d’espoir de le franchir de jour, nous obliquerons vers le Sud, en rajoutant 15 Mn pour embouquer dans le passage le plus large et sans danger. Le premier passage, comme entrée en matière, se fait bien de jour, et sans problème. Par contre le lendemain, le 2ème s’annonce de nuit. Donc Cap plus au Sud pour une route plus longue, mais plus sûre. De toute façon, le point positif est que nous pouvons arriver de nuit dans la baie de Suva. A part le passage délicat des Tonga qui a vu plusieurs échouages et la fin de nombreux périples, tout se passe bien. Le vent est de la bonne force, dans la bonne direction.

Après 6 jours de navigation, nous entrons dans la baie de Suva, en début d’après midi. Un parfum de fin de grande étape, un parfum de fin d’épisode flotte dans l’air. Cette escale est bonne pour l’approvisionnement et est une des étapes obligatoires pour les formalités d’entrée. Celles-ci prennent un jour complet ! Yann repense à Dakar, cela faisait très longtemps que nous n’avions eu tant de débauche de paperasserie, et donc de fonctionnaires qui les accompagnent. Cependant, les gens des autorités sont très accueillants, gentils, d’ailleurs ils rigolent tout le temps, de temps en temps ils sont carrément hilares, c’est une des caractéristiques des fidjiens, ils se marrent tout le temps. Voilà un peuple qui paraît des plus heureux. Cela aide à faire passer les formalités qui sont longues et fastidieuses. Pour monsieur le douanier, nous sommes un peu en surcharge de bière et d’alcools (ben oui le capitaine est breton), le douanier nous le signale, mais je vois bien qu’il n’a pas envie de faire des papiers en plus, donc il nous demande de consommer rapidement notre surstock ! Le capitaine ne voulant pas d’amende ni d’ennui suivra la prescription de Mr l’Agent à la lettre !
Deux jours plus tard, nous parcourons les 100 derniers milles jusqu’à Port Denarau. Là encore un passage délicat que nous commençons à franchir à la tombée de la nuit. Nous apprendrons plus tard que d’habitude c’est un endroit venté et chaotique (accélération due au relief) et que nous n’en n’avons rien senti, ou que le bon côté : du vent, certes variable. D’ailleurs, il s’agit d’une navigation côtière et de nuit, donc des quarts très courts et une veille attentive. C’est pas grave, c’est bientôt la fin. Que cela nous change une navigation côtière, en fait le capitaine et moi ne dormirons presque pas : entre le changement de vent en force et en direction, il faut constamment ajuster les voiles, le cap. A l’aube, nous franchissons la passe sous le vent de l’île : retour dans un lagon. Avec l’absence de vent,  la risée diesel est de rigueur. La mer est d’huile, le petit déjeuner se passe au calme avec œufs et bacon pour reprendre des forces. Et puis en fin de mâtiné, c’est l’arrivée à Port Denarau.
Ca y est, nous l’avons fait,  nous avons bouclé la 2ème année de voyage ! Que d’eau a coulé sous les coques de notre beau destrier. Que de pays visités, de gens rencontrés de paysages admirés. Tiens il faudra faire un bilan de tout cela.

Passons à l’immédiat, nous avons 10 jours pour ranger, trier, jeter, laver toutes les affaires de l’année, nettoyer Appaloosa intérieur et extérieur, tout y passe, même la coque est polishée, les fonds de cale nettoyés, les chromes lustrés, le pont lavé. Les vêtements des enfants triés, beaucoup sont donnés à une fidjienne avec qui nous avons sympathisé, les cours du CNED jeté … sans la maîtresse au milieu ….la ligne de flottaison remonte de plusieurs centimètres. Je passe tous les vaigrages à l’eau savonneuse en prévision de l’hivernage. Nous démontons la grand voile, elle a besoin d’un coup de couture, le génois et le lazy bag aussi, les coussins partent aussi chez le sail-maker (voilier), pas de jaloux.  Le génois s’avère délaminé, il est en train de nous lâcher, bref il est mort. Nous devrons donc le remplacer. Il vaut mieux le savoir maintenant plutôt qu’il éclate en pleine traversée vers la Nouvelle Zélande en novembre prochain.
Nous sentons qu’Appaloosa accuse les 2 ans et demi de navigation, presque 24.000 milles au compteur, quasiment toujours en mer, ou au mouillage, la mer l’a comme délavé, rincé, mais il n’a rien perdu de sa superbe, toujours aussi racé, on l’aime notre Appaloosa, il nous accompagne par tous les temps et nous nous sentons en sécurité à son bord. C’est notre maison flottante.
Cependant, à part les voiles et quelques petits détails, le bateau est solide, la finition très bonne, rien n’a bougé à l’intérieur, nous sommes satisfaits du choix du DEAN 441 Sud-Africains.
Nous passons les dernières consignes à Baobab marine qui va venir sur Appaloosa toutes les semaines pour l’aérer, vérifier les amarres et les fonds de cale.
Les sacs de voyage se remplissent pour la suite du voyage qui sera terrestre, nous profitons de notre retour sur la France pour visiter les parcs américains au passage. Nous laissons Appaloosa au corps mort, le 12 juin, pour prendre le taxi qui nous mène à l’aéroport de Nadi, nous le retrouverons mi septembre.

Toutes les photos ici

Dernière modification le Mercredi, 09 Juillet 2014 09:25

Laissez un commentaire