Billet N° 40 : HUAHINE/RAIATEA/BORA BORA

Billet N° 40 : HUAHINE/RAIATEA/BORA BORA

Yann

C’est dans l’après midi du 9 avril que nous quittons le Corps morts de Taina au Sud de Papeete. Il fait chaud, humide et la faiblesse du vent nous fait transpirer sans rien faire. Comme souvent. Seul un gros tronc d’arbre vient attirer notre attention entre Tahiti et Moorea. C’est grâce aux fous perchés dessus que nous le repérons d’assez loin. C’est une ballade de 100 Mn qui nous attend pour rejoindre Huahine, la première île sous le vent (excepté Moorea). Nous sommes repartis pour la découverte de nouvelles îles. Ce n’est pas rien dans nos têtes. Aller de l’avant vers l’inconnu. Certes, il est relatif car nous nous renseignons sur nos destinations, et cela fait des escales réussies, mais c’est toujours un immense plaisir que de découvrir, de ne pas savoir à quoi s’attendre exactement. Le soleil joue à cache-cache avec le magnifique relief de Moorea, avec la nuit qui arrive nous voyons toutes les lumières de Tahiti s’allumer. Le vent revient à mesure que l’on s‘éloigne du relief de Tahiti

A 21 h, le vent est monté à force 6, Appaloosa trace un vif sillage. La nuit se passe sans encombres, et aux premières lueurs du jour, je devine Huahine. C’est toujours un moment magique que de découvrir une île par la mer. D’abord une ligne plus épaisse sur l’horizon, puis le relief se précise. Les couleurs arrivent doucement avec le soleil. Dans ces moments nous sommes des explorateurs. Un double sentiment m’inonde : celui de puissance, d’avoir l’impression d’être un peu le maître du monde et en opposition celui d’être tout petit dans l’univers. Une goutte d’eau qui surnage sur l’océan, à la merci des éléments.

Il est 7 heures quand nous passons la pointe de Tiva au Sud. A 8h30, nous franchissons la passe « tout temps » d’Avapehi, c’est Lucas qui est à la barre , et à 9h30 nous sommes mouillés provisoirement afin que le capitaine se restaure dignement. Nous avons eu un accueil particulier. De la plage, des gens gesticulaient. Au début, nous nous sommes dit c’est l’accueil, la gentillesse habituelle. Puis ils insistaient, et puis finalement cela ne paraissait pas si amical. En nous approchant dans nos manoeuvre nous avons compris que nous les dérangions dans leur pêche du bord (on est quand même à 200 mètres). Lucas a même entendu un « retournez chez vous ! » Je crois bien que c’est la 1ère fois, depuis que nous sommes en Polynésie, et même depuis le Pacifique, que nous avons un tel accueil. Alors forcément cela ne nous met pas dans de bonne disposition pour découvrir l’île.

A terre nous découvrons le village de Faré : des magasins bien approvisionnés (mieux que les Marquises et les Tuamotu). Il y a plus d’habitants, plus de Popa (blancs) aussi. D’où plus de racisme, dont nous avons été victime. Nous faisons un peu de frais et quelques jours plus tard décidons de trouver un endroit plus accueillant, en descendant plus Sud dans le lagon. Ce sera chose faite avec le mouillage de Teapaa. Nous retrouvons des plaisirs à être seuls : nous, dans la tenue d’Adam et Eve, au milieu de la nature et ce week-end (sans école donc) est des plus agréable. Puis, c’est le mouillage dans le fond de la baie de Haapu, en ayant fait la visite de Port Bourayne avant, au moteur. Il n’y a de port que le nom, mais c’est un bon abri anti cyclone. Haapu nous aura aussi beaucoup plu. Nous sommes seuls dans cette baie, et sur l’autre rive un village authentique : je n’y ai pas vu un seul blanc. La gentillesse des locaux a fini de nous réconcilier avec Huahine. Nous avons eu la visite d’une femme dans un vieux Va’ a en bois (la plupart sont en polyester aujourd’hui, et ils sont très profilés). Elle parle un Français « local » dirons nous. Elle nous propose des pomelos et des bananes, mais nous en avons déjà, mais elle nous propose aussi de la Vanille à un prix dérisoire. Cela tombe bien notre amie Anne (de France) nous en redemande, elle a épuisé son stock. C’est l’occasion pour moi de faire du troc, car elle est intéressée par des cigarettes, et je possède un stock de paquets achetés en Afrique du Sud qui traîne depuis dans notre pointe avant. Le lendemain, elle revient avec des cocos fraîches, du lait (de coco) et de la crème (de coco) fait maison. Chacun a son usage : les cocos fraîches pour boire l’eau et manger la pulpe, la crème pour la cuisine (riz, poisson,) et le lait pour mettre dans le café par exemple. Cette jeune personne a aussi réalisé un collier pour Valérie. Quelques milliers de Francs Pacifique (1.000 Franc XPC = 8 €) et quelques paquets de cigarettes et nous voilà avec des fruits en abondance.

Une semaine, cela passe vite, et comme notre planning est ficelé d’ici les Fiji, c’est déjà l’heure de partir pour l’île suivante. Un peu d’approvisionnement de retour à Faré village « capitale » de Huahine, et nous partons à 10 h, le mercredi 16 Avril pour une petite traversé de 25 Mn qui nous amène à Raiatea.

Nous franchissons la passe dès 14h15, mais ce n’est qu’à 16 h que nous prenons un corps mort devant un hôtel / pension. Le problème des îles sous le vent c’est la profondeur des lagons. Les baies et les lagons sont très profonds : entre 30 et 50 mètres. Il y a donc peu d’endroit où nous pouvons mouiller par moins de 15 mètres d’eau, ou c’est alors directement 3 mètres ou moins d’eau sous les quilles. De plus la pente sous marine est brutale. La 1ère fois, nous commençons par mouiller dans 4 mètres d’eau et en coulant la chaine de 25 mètres on se retrouve avec 20 mètres sous la quille ! Ce n’est pas sécuritaire. La 2ème fois, le mouillage révèle quelques bateaux à très faible tirant d’eau (hauteur de la ligne de flottaison au bout de la quille ou dérive) nous y allons au ralenti, Valérie à l’avant surveillant les têtes de corail et me faisant signe pour aller à droite, à gauche. Nous finissons avec 2 mètres d’eau dans la passe … trop peu et un rayon d’évitage restreint au milieu du corail. Nous finissons par appeler un hôtel qui était en face de la passe d’entrée, et qui dispose d’une bouée gratuite si on consomme à terre. Elle est libre, c’est entendu ; nous en avons marre de tourner en rond. Les filles n’ont plus peur de se baigner maintenant sans voir le fond, en sachant qu’il y a 30 mètres d’eau sous ce corps mort. Pour le capitaine c’est le plaisir de retrouver des pressions à terre. Il n’y a pas à dire, une pression c’est bien mieux qu’une canette ou une bouteille de verre.

Lors de ce mouillage nous faisons la rencontre d’un jeune couple de retraités qui pratique une autre version du voyage : ils louent des bateaux à travers le monde, à raison de 2 fois par an, et pendant quelques mois à chaque fois. Ils évitent ainsi les grandes traversées (ce dont madame est très reconnaissante), par contre ils n’ont pas le confort d’un bateau aussi équipé que celui d’un particulier tour-du-mondiste, notamment ils n’ont pas de désalinisateur et de groupe électrogène. Le contact passe très bien, mais nous partons l’après midi pour le motu d’en face. Dommage, encore une relation qui aurait méritée d’être approfondie. Mais nous ne garderons que le bon côté : nous avons été très content de faire leur connaissance.

Le week-end se passe donc en face du motu, ou l’on ne peut accoster car il est devenu privé. En fait, avec la colonisation des popas, qui se sont appropriés tous les meilleurs emplacements, les Polynésiens ont depuis réagi en prenant possession des Motus qui restent. Inévitablement, il y a des tensions qui naissent.

Le lundi, nous nous arrimons au quai d’Uturoa, la capitale de l’île de Raiatea. L’avantage c’est que nous sommes à 5 minutes de beaucoup de service : supermarché, shipchandler, poste pour envoyer les évaluations de Rozenn, etc. A cette escale nous revoyons Anna et Brent qui viennent nous saluer dans leur annexe. Leur catamaran Lagoon s’appelle IMPI. Elle est Française, lui Sud Africain. Nous avions fait leur connaissance à Panama. C’est l’occasion pour Valérie de parler anglais et les enfants d’écouter. Tous sont surpris de mieux parler ou de comprendre l’anglais beaucoup mieux qu’au départ. Brent nous félicite d’ailleurs ! Ils envisagent de quitter définitivement l’Afrique du Sud. Problèmes politiques (des incompétents là-bas aussi) et des problèmes de sécurité sont apparemment leurs principales motivations. Eux aussi ont trouvé dans le voyage une liberté accrue à laquelle ils ne veulent plus renoncer.

Le lendemain, nous partons pour le Nord de Raiatea et trouvons des Corps morts puis une place au ponton visiteur du port d’Apoiti. Cela faisait longtemps que nous n’étions pas à quai, avec le confort de pouvoir monter et descendre comme de sa maison à son jardin. Là encore une retrouvaille : le catamaran Moana avec Christine (Française), Yohan (Suédois), et leur fils Kim. Ils naviguent sur un magnifique Outremer 5X. Ils sont anciens régatiers, il faut bien cela pour manier une telle bête. Ils finissent leur escale technique sous garantie. Ils y sont depuis Décembre. Ils ont envie de partir. Ils nous donnent 2 tuyaux, un mouillage pour visiter le jardin de corail et un copain à eux : Yvan Bourgnon qui va venir faire une conférence pour expliquer le projet qu’il fait au restaurant de la marina. C’est marrant ce restaurant s’appelle « La Voile d’Or », et il y en a un du même nom chez nous au Pouliguen !

Bingo, nous restons pour voir le bonhomme qui est de notre région. Cela se passe en début de soirée, la salle est comble. En toute simplicité, Yvan se présente et présente son projet à moitié réalisé : il fait le tour du monde sur un catamaran de plage amélioré avec escales, mais sans assistance. Il devait le faire à 2, mais après les Canaries son équipier a démissionné. Présentons son bateau : un Nacra de série de 21 pieds. Le mât a été rallongé et est en carbone. Le double de hauteur par rapport à la longueur du bateau ! Autant vous dire que cela envoie. Il a été équipé de 2 nacelles fixées à 2 mètres de hauteur qui supportent tout l’équipement pour son autonomie : pièces détachées, nourriture, couchette. C’est impressionnant de dénuement. Il a un compas et 2 pilotes (depuis qu’il est seul), mais il navigue sans électronique. C’est à dire qu’il ne reçoit pas la météo sauf le jour du départ. Nous écrivions sans assistance, mais il est suivi au cas ou par un « X 565 » de chez X yacht avec qui nous avions discuté au quai d’Uturoa. S’il arrive un problème grave à Yvan, le bateau prêtera assistance. Impressionnant, ce gars qui a notre âge (43 ans) qui fait une épreuve plutôt faite par des jeunes. Son frère Laurent qui est établi ici aux îles de la Société - et qui fait du charter - lui a dit quand il est arrivé : « c’était avant qu’il fallait faire cette connerie ! ». Enfin un point de détail qui a toute son importance, voulant faire ce tour du monde sans aide, il a fallu concevoir un catamaran redressable. Or, déjà les catamarans sont plus difficilement redressables que les monocoques. Il faut se mettre face au vent, choquer les voiles et faire balancier avec son corps. Yvan a équipé son catamaran d’une bulle de flottaison en tête de mat pour éviter qu’il ne carotte (mat vertical sous l’eau), mais cela ne suffisait pas. L’équipe a installé un grand bout à fixer pour faire balancier, mais le redressement restait théorique lors de son départ. Les ingénieurs disaient que s’il chavirait, il ne pourrait le redresser : trop de poids et les 2 nacelles l’en empêcheraient. Dans la pratique un chavirage signifiait l’abandon de l’épreuve. Pourtant il a chaviré, et il s’en est sorti seul… Mais je vous laisse le soin de regarder la suite sur son site, le défi d’Yvan Bourgnon. Ce fut une soirée agréable ou nous avons parlé mer pour changer.

Le lendemain nous allons mouiller devant un de ces hôtels de luxe qui proposent leur hutte polynésienne sur pilotis. Il est sur l’île de Tahaa. Particularité géologique de ces 2 îles : elles sont dans le même lagon, un grand banc les séparent, bien balisé. Nous quittons Raiatea pour Tahaa ce vendredi 25 Avril. Le mouillage est magnifique, par 3 mètres d’eau et juste ce qu’il faut de vent, nous nous trouvons avec quelques rares voiliers de location. La couleur de l’eau est sublime : des verts, des bleus, des turquoises, des céladons, partout autour du bateau. Je vais vite fait, avant que la nuit ne tombe, en reconnaissance au désormais fameux jardin de corail. Oui, c’est aussi extraordinaire que Moana nous l’a dit. Le lendemain, avec l’équipage de Moana, Rozenn et Katell nous embarquons pour ce Hoa. C’est à dire que l’eau du large pénètre dans le lagon par cette trouée de très faible profondeur : quelques centimètres seulement. Puis elle chemine ici entre 2 Motu (levée de terre ou de corail) sur la barrière même. La trouée fait 200 de mètres de large et de 0 cm à 1,5 m de profondeur. Nous mouillons l’annexe au bord de la plage, puis nous remontons à pieds jusqu’à la trouée à la limite de la barrière de corail. Tout le monde s’équipe : gants, chaussures ou palmes, et masques et tubas bien sur. Nous nous laissons porter par le courant. A peine à l’eau, les poissons viennent. Nous avons emporté un morceau de baguette dure, et le spectacle commence. Les poissons, par multitude, viennent manger dans la main. Le port des gants étaient une bonne idée : les poissons ont des mâchoires puissantes. Le spectacle est de tout beauté, je filme mes filles donnant à manger. Les poissons sont si nombreux que c’est un mur dansant devant les yeux. En plus leur couleur jaune, noir et blanc rajoute à la féérie. Il y a là une variété de coraux et de poissons. Et tout cela dans 50 cm d’eau. Nous avons la chance de finir cette plongée par une pieuvre qui vient en côtoyer une autre dans son trou. C’est fascinant le changement de couleur en moins d’une seconde de ces êtres pour s’adapter à leur environnement. Une pensée aussi à notre Soaven le Poulpe au passage. L’après midi, c’est au tour de Lucas et Valérie, qui étaient bloqués avec le CNED. Il reste du pain et la féérie recommence , Valérie rencontre même un poisson pierre qu’elle montre à Lucas pour qu’il l’identifie bien , en effet , ce poisson est venimeux , voir mortel dans certain cas, il ne faut pas s’y frotter. Ce sera un excellent souvenir que ce spot.

Nous avons rallongé notre séjour sur Raiatea / Tahaa au détriment de Bora-Bora. Ce nom, le plus connu des Européens avec celui de Tahiti, représente la destination ultime. Pour les navigateurs au long court, c’est moins vrai. Sur l’avis de nombreux voyageurs, nous avons décidé d’écourter le séjour sur cette île. C’est l’usine à touriste de la Polynésie Française, des hôtels sur pilotis partout. Cependant la particularité géologique de Bora-Bora est à voir : un double pic, l’un pointu l’autre plat. D’ailleurs nous voyons de magnifiques couchés de soleil de notre mouillage sur Bora-Bora (voir photos). Nous y allons donc pour 3 jours.

La traversée, de 25 Mn, comme la précédente, est vite expédiée avec un Force 5 puis 6. Nous arrivons à un jolie mouillage sous le motu boisé et montagneux de Bora-Bora : une particularité qu’aucun autre atoll n’a. Au moment de mouiller l’ancre, Valérie est à poste devant au guindeau et me fait signe que quelque chose cloche, je vais voir et m’aperçoit qu’une pièce de celui ci est tordue (après une remontée de l’ancre plus sportive, certainement) et cela fait sauter l’ancre du guindeau. Il faut donc guider la chaine pour éviter cela, du bricolage en perspective.

A peine après avoir jeté l’ancre, Lucas nous signale que Yvan Bourgnon sur son catamaran Neodis est juste derrière Appaloosa, en train de virer de bord, nous lui faisons de grands signes de bonjour, après discussion, nous apprenons que son départ pour les Fidji est prévu le lendemain matin. Visiblement, il a choisi le même lieu de repos pour cette nuit. En effet, nous voyons arriver Jumbo, le sunreef 70 de son frère Laurent et le voilier suiveur.

Après la nuit, je vais en reconnaissance à Vaitape, la capitale de l’île, pendant que Valérie gère la dernière ligne droite du CNED.

Nous sommes bien dans un atoll touristique avec magasin de perles, de vêtements - plus ou moins locaux - à profusion. Je recherche activement un atelier pour redresser la pièce du guindeau qui nous fait défaut, mais j’arrive trop tard : à 4 heures tout est fermé, mais j’obtiens une adresse. Je repère aussi la station car nous tombons à court de gaz. C’est bien car finalement je souhaitais prendre une nouvelle bouteille avant les grandes traversées à venir pour les Fiji. Heureusement que le groupe fonctionne bien maintenant sinon nous mangerions froid. Comme je me fais tremper dans l’annexe à cause du vent fort qui règne sur Bora, nous décidons de nous rapprocher de la ville (4.500 habitants) le lendemain.

Nous le faisons par une ballade par le Sud de l’îlot, ou nous découvrons les 2 pics si caractéristiques de l’île principale: l’un pointu, l’autre plat. La force du vent nous préoccupe un peu pour trouver un mouillage abrité. Nous tentons de mouiller, mais c’est trop profond, nous finissons par prendre une bouée à un charmant hôtel. Cela ne nous enchante que moyennement, le vent orienté au Sud Est lève un gros clapot désagréable dans le lagon, le mouillage est donc agité. Mais l’objectif est atteint, nous avons du Wi-Fi, les approvisionnements sont près: gaz, courses et atelier. Pour le redressement de ma pièce, ce sera chou blanc, l’atelier marin me dit que pour une telle épaisseur d’inox, il faut chauffer la pièce, et il a raison. Le seul chalumeau est en possession des ateliers de la mairie. Direction donc les ateliers de la mairie, ils sont en opération à l’extérieur, je demande si je peux l’emprunter, puis devant leur doute, si un gars peut le faire, contre rémunération … finalement pour me décourager ou pour respecter le protocole, il faut remplir des formulaires d’autorisation, attendre la réponse.... Je n’ose pas dire que c’est pressé … Je laisse tomber. Je remonte la pièce de biais et ça passe pour l’instant.

Après les approvisionnements, et l’école terminée, nous prenons un peu de bon temps au bar de l’hôtel en faisant des plans sur l’avenir avec Valérie. Dans nos têtes le départ est imminent. Cela fait déjà un bout de temps que le stress du départ pour l’équivalent d’une nouvelle traversée de l’Atlantique nous a enserré. Nous quittons avec un certains plaisir la Polynésie française après 9 mois dans ses eaux. La formalité de départ à la gendarmerie me le fait bien sentir, j’ai coché la case « sortie de Polynésie ».

En résumé, les îles sous le vents sont plus civilisées : il y a plus de confort, plus de blanc mais aussi plus de vol, de racisme. Nous avons du rattacher l’annexe par précaution. Les histoires de visites de voiliers, pendant que l’équipage est à terre, sont nombreuses. Nous aurions aimé nous y attardé plus longtemps cependant, car c’est le bon compromis entre les Marquises et les Tuamotu : il y a des montagnes (marquises) et le tout inséré dans des barrières de corail qui assure la limpidité des eaux (Tuamotu). Nous garderons le souvenir de la prestation et de l’exploit d’Yvan Bourgnon, et puis le fabuleux jardin de corail de Tahaa.

Au départ de Bora-Bora sous force 5 puis 6 dans une mer démontée, nous repensons à Yvan Bourgnon parti la veille qui est dans les mêmes conditions que nous mais … sur 21 pieds, tout mouillé et sans confort. Il faut être un peu fou, mais surtout qu’il en tire du plaisir le bougre, du moins quand les conditions sont bonnes.

Toutes les photos ici

Dernière modification le Mardi, 03 Juin 2014 10:34

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