MADERE

Valérie

Madère est la plus grande ile de l’archipel, longue de 57 km et large de 22 km, soit 741 km2, dont la majeure partie est montagneuse. L’ile est composé de pics qui surgissent de l’océan (les fonds atteignent 2000 m de fond à 4 M des cotes) et de falaises abruptes qui surplombent la mer. Les sommets culminent à plus de 1500 m.

La riche terre volcanique et le climat tempéré ont donné naissance à une étonnante variété de fleurs, d’arbres ….Plus de 200 espèces d’oiseaux ont été répertoriés dont un cinquième sont endémiques.

Nous sommes arrivés le 18 octobre à Madère, le vent soufflait encore 25 à 30 Nœuds dans la marina et une dépression était prévue encore les jours qui suivaient, ce qui fait que nous avons été bloqués à la marina tout le début de la semaine suivante, grosse pluie, beaucoup de vent et les bateaux qui bougeaient énormément dans la marina, malgré l’amarrage conséquent. Bref, nous n’avons pu commencer à profiter de Madère que la deuxième semaine. La marina étant totalement isolée, nous avons loué une voiture pour quelques jours. Nous avons commencé par Funchal, ville très jolie où une surprise attendait les enfants, un spectacle de rue avec un perroquet et un aigle, les enfants ont beaucoup aimé, nous avons pu les toucher, tout le monde était ravi.

Puis nous sommes rentrés le soir par la route des montagnes et là, aie, il ne faut pas croiser un autre véhicule , de plus les routes étaient encombrées de roches , de branches , de parties de tronc d’arbre , suite à la dépression passée , des glissements de terrain avaient aussi eu lieu .

Le lendemain, nous prenons la direction de la Baia d’Abra, où une randonnée de 3 heures nous attend, paysage superbe, roche volcanique de couleur rouge, brun, doré…

Les enfants ont bien suivi avec la promesse d’une glace au retour !

Le surlendemain, nous partons en randonnée dans une levada, au Pico das Pedras, petite balade de 2 heures, en plein dans les nuages, à 900 m d’altitude, à suivre la levada, un sentier qui côtoie une canalisation à ciel ouvert qui permet d’acheminer l’eau dans toute l’ile, Madère en est truffée, cela fait des chemins de randonnée partout dans l’ile.

Le dimanche qui suit s’annonce de nouveau très pluvieux et les fichiers Grib , nous montre une autre dépression qui se profile, avec des vents de sud ouest, qui vont nous bloquer jusqu’au 4 novembre .On décide donc de partir 2 jours plus tôt que prévu pour ne pas rester bloqué . Tous les équipages se retrouvent le soir, à l’apéro pour discuter des options à prendre, la plupart descendent sur les Canaries, pour préparer la traversée de l’Atlantique en décembre. Après une solution de repli sur le Maroc , à Agadir , nous décidons finalement de faire route le mardi 30, sur les Canaries , la dépression ayant pas mal perdu de sa force et les vents n’étant plus de face , comme au départ.

De plus, nous avons enfin fait connaissance de bateaux avec des enfants, il faut dire que le monde du voyage commence vraiment à Madère, quasiment tous les bateaux sont des bateaux de voyage. Nous avons donc sympathisé avec Atipik, un catamaran catana avec 2 enfants, qui font aussi route sur les Canaries, on va donc faire le chemin ensemble, c’est plus sympa.

Nous sommes donc la veille du départ, aujourd’hui, les enfants font du CNED, ce matin, Yann installe l’éolienne qui est enfin arrivée samedi, après un détour par Porto Santo, l’avitaillement a été fait, il reste le plein de gasoil , et à préparer quelques repas pour la navigation à venir , et nous sommes prêts à partir demain .

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PORTO SANTO

Yann

Porto Santo est la plus petite île habitée de Madère. Elle fait 11 km par 6 km (41 km2) Elle fut quand même découverte un an avant Madère. Elle a des pics en cône qui ne laissent pas de doute sur son origine volcanique.

Notre arrivée fut le plongeon dans le monde des îles et de l’Aventure. Je veux dire par là que nous avons eu, instantanément, la sensation de rentrer dans une autre dimension. Un petit port, où un tiers des 125 places est occupé par des bateaux de voyage. Un climat chaud et humide, du moins les premiers jours, qui vous fait transpirer sans rien faire. Une île semi désertique où les palmiers côtoient les cactus, agaves et autres plantes grasses. Et puis Porto Santo, ceux sont des roches d’une très grande variété de natures et de couleurs.

Dès notre arrivée ,l’accueil est très bon, aide à l’amarrage, le serrage de paluche une fois le bateau arrimé, avec le « Bem Vindo » (bienvenu) qui fait toujours plaisir. Nous avions déjà eu un très bon contact avec la marina par mail et par téléphone, notamment à cause du suivi du retour de notre éolienne qui se fait désirer.

A peine arrivés, ceux sont les formalités de douane et de port. Elles se font en 1 heure et avec gentillesse. Retour au bateau et là, découverte d’une chose surprenante : les « patchs » des bateaux qui sont passés ici. Le mur de la jetée (une centaine de mètres) et de la contre jetée en sont remplis. C’est marrant de voir toutes les signatures des bateaux qui sont passés. Chacun a mis en avant sa nationalité, ses origines le plus souvent, ainsi que la signature de chacun de leurs membres d’équipage. Chaque fois que nous passerons devant, nous en découvrirons de nouveaux. Nous y trouvons une forte représentation des Anglais, Norvégiens, Danois et Suédois. Des Français bien sûr mais le plus souvent accompagnés de leur régions : Bretagne en premier lieu, Vendée aussi, Sud méditerranée aussi, etc.

Porto Santo, c’est le plaisir d’une plage qui commence juste de l’autre côté du port. Elle est grande, magnifique. Elle est parée de fin sable jaune, piqué de grains noirs de lave. Et la mer qui vient lécher sa grève, revêt des tons turquoise et bleus. C’est notre première vraie plage paradisiaque. Les enfants l’adorent, surtout quand l’eau est enfin chaude. 25°C pour vous servir ! Il y a même quelques parasols en armature métallique coiffés de vraies feuilles de palmiers. Cette plage est renommée, puisque c’est la seule de tout Porto Santo et Madère. Les Madériens y viennent le week-end d’ailleurs. Cela paraît d’ailleurs curieux cette plage de sable fin et jaune dans un milieu volcanique ou les bruns dominent.

La ville de Porto Santo est à une petite ½ heures de marche le long de celle ci. C’est là que nous ferons nos approvisionnements, et que nous ferons notre premier atterrissage en annexe. Nous en tirerons nos premiers enseignements pour essayer d’être moins mouillés les fois suivantes. Pourtant les rouleaux n’étaient pas gros.

A Porto Santo nous trouvons aussi le rythme tranquille de la vie, et les habitants qui prennent le temps de la voir s’écouler. Une des grandes motivations du voyage pour Valérie et moi.

En fin de séjour, nous louons une voiture pour faire le tour de l’île. En premier lieu nous allons à l’autre bout de l’île, là où se termine la plage : Punta Calheita. Magnifique décor de sable et de roches volcaniques. Vue sur les petits îlots noirs et acérés. Nous nous arrêtons pour manger sur la terrasse d’un restaurant où je mange une des spécialités de Madère : l’Espada (le poisson sabre) à la banane et au coulis de mangue. Délicieux ! Valérie prendra une autre spécialité le Picada de biff (cube de bœuf avec sa sauce mystère). Repus nous roulons sur les routes en zig zag de l’île. Nous découvrirons l’autre côté qui est encore plus déchiqueté. Pour finir l’après midi, nous grimperons sur le Pico de Castelo à 444 m d’altitude. Les filles nous surprendront à courir pendant ces 2 bonnes heures de marche, sur un sentier de marches caillouteuses, à grimper, descendre sans paraître fatiguées. Pourtant elles ne raffolent pas des marches à pied. La vue en haut vaut le coup. Nous pouvons embrasser toute l’île et seul le Pico Facho est plus haut que nous.

Dernière chose à faire avant de repartir, notre patch, après différentes ébauches proposées par Valérie, nous en choisissons une, et Valérie s’attelle à la peinture de celui ci, elle laisse un emplacement pour que chacun de nous y mette sa signature.

Nous sommes fiers de notre patch !

TRAVERSEE de PORTO SANTO à MADERE

35 Miles Nautique séparent Porto Santo de la Marina Quinta Do Lorde (la demeure du Lord). Nous larguons les amarres à 11h30, le CNED est bien avancé. Dehors le vent souffle à 15 nœuds avec des rafales à 20, nous décidons de prendre un ris (réduction de la voilure) dans l’avant port. Puis nous faisons cap direct sur la pointe Est de Madère, en longeant la côte de Porto Santo que nous distinguons dans les nuages.

Au fur et à mesure que nous nous éloignons, le vent forcit et s’établit à 20 nœuds avec des rafales à 25. Je décide, même si le gréement souffrira un peu plus, de ne pas prendre le 2ème ris. En effet, en débordant l’île, c’est une houle de plus de 4 mètres qui nous cueille et nous ballote par vent de travers. Tout le monde est malade. Comme le vent ne monte plus, et que la prise d’un ris avec tout le monde malade ne me dit rien, nous en restons là. Mais j’aurais du, j’aurais gagné en sérénité, la barre aurait été moins dure et Valérie aussi, aurait moins stressé.

Par contre du côté des performances, nous sommes servis : 8 nœuds de moyenne, puis 8,5 et enfin 8,75 avant de passer le Cap Sao Lorenzo de Madère. Et tout cela avec un ris dans la GV et un ris dans le génois. Au total c’est 7,8 nœuds de moyenne sur le trajet avec en prime, un surf à 13,9 noeuds.

Avant d’entrer dans la marina nous allons explorer la Baiä d’Abra, le seul mouillage reconnu de l’île et qui n’est qu’à ¼ d’heure de la Marina. Suite aux sensations fortes, l’équipage veut gagner la tranquillité du port. Le capitaine abdique pour leur bien.

L’arrivée dans la marina est sportive et l’amarrage vent de travers (30 nœuds de vent dans la marina) nous fait rayer l’arrière de la jupe. Et encore, heureusement que le zodiac de la marina nous a aidé. Avec le recul, il n’y avait pas grand-chose à faire contre le fardage (la prise au vent du bateau sans voile), si ce n’est des coups d’accélérateur plus fort.

A 16h45 nous sommes amarrés, fin de cette traversée rapide et stressante.

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